Face à la recrudescence des cas de Covid-19, le ministre français de la Santé a décidé la semaine dernière de reconfiner Nice et le littoral des Alpes-Maritimes durant deux week-ends. Pour Olivier Véran, il était "fondamental de pouvoir prendre des décisions au bon moment lorsqu'on voit qu'il y a une situation sanitaire qui est sous tension".

Paris aurait, semble-t-il, eu une idée similaire afin de relâcher la pression sur les hôpitaux mais également de retrouver plus vite une vie normale. Jeudi dernier, l'adjoint de la maire de Paris, Anne Hidalgo, a ainsi affirmé qu'un "confinement de trois semaines" était sur la table. L'idée était qu'après ce confinement strict, la capitale puisse "tout rouvrir". Problème: il a rapidement été désavoué par sa cheffe qui s'est empressée de préciser qu'elle n'avait pas proposé un tel confinement. Recadré par Anne Hildago en personne, Emmanuel Grégoire a donc été contraint de faire marche arrière en parlant plutôt d'une simple hypothèse. Il n'en fallait pas plus pour que Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement raille la mairie de Paris. "Il y a eu trois positions en trois jours. D'abord, on nous a dit 'il faut confiner complètement et strictement la ville de Paris'. Puis vendredi ce n'était plus qu'une hypothèse et, aujourd'hui, il n'en a jamais été question..."

Alors comment expliquer une communication aussi changeante, à quelques jours d'intervalle seulement?

Selon plusieurs médias français, les vacances d'Anne Hidalgo pourraient être en cause. Au moment où son premier adjoint a fait son annonce, la femme politique était en effet en congé, "bricolant et faisant des balades en forêt". "Emmanuel Grégoire a simplement mal interprété les éléments de langage à sa disposition et n'a pas souhaité déranger Anne alors qu'elle était en vacances", explique au Figaro Patrick Bloche, adjoint à la mairie chargé de l'Education. Une fois qu'elle a été mise au courant de la situation, Anne Hidalgo se serait alors mise "très en colère" et aurait reprécisé son opposition au confinement, contraignant son adjoint à faire marche arrière.

Une autre hypothèse émerge toutefois: selon plusieurs membres de l'opposition, le premier adjoint aurait tout simplement profité du fait que sa patronne était absente "pour se faire mousser".

A moins bien sûr qu'Anne Hidalgo ait réellement donné son feu vert à Emmanuel Grégoire mais que, face aux réactions outrées, elle aurait décidé de faire marche arrière et de faire porter le chapeau à son adjoint? 

Une chose est sûre : que ce soit en France, en Belgique ou dans d'autres pays, les couacs de communication des autorités n'aident pas à faire accepter la situation aux citoyens.