Ce lundi 3 janvier, l'examen du texte transformant le pass sanitaire en pass vaccinal par l'Assemblée en France a fait l'objet d'une suspension surprise. Les discussions sur ce texte ont été suspendues à minuit, après qu'une majorité d'entre eux ont refusé -par un vote à main levée- la poursuite de la séance. Celles-ci doivent reprendre ce mardi soir.

Outre les discussions agitées qui se sont tenues hier dans l'Hémicycle, une prise de parole a particulièrement marqué les esprits. Un député de la majorité, Raphaël Gérard (LREM), en a profité pour livrer un témoignage poignant sur son quotidien comme patient atteint du Covid long. L'élu a contracté le Covid dès mars 2020, il a été hospitalisé et placé dans le coma sous respirateur pendant 12 jours. Presque deux ans après avoir survécu à la maladie, il en subit encore les conséquences.

"Ma liberté aujourd'hui, elles est là : c'est 30 cm de câbles et trois kilos de matériel que je porte 24h/24 jusqu'à la fin de mes jours. C'est ça la réalité, c'est la mienne et c'est celle de dizaines de milliers de personnes dans ce pays dont la vie a été bouleversée", a-t-il ainsi expliqué en montrant son matériel d’assistance respiratoire attaché en bandoulière et dont il ne peut plus se passer. 

"À chaque fois que je sors dans la rue, que je prends les transports, que je prends le train, je ne me pose pas la question de savoir si je peux ou pas manger des cacahuètes. Je me pose la question de savoir si je vais sortir sain et sauf de ce train ou si je vais repartir dans le même enfer", a-t-il poursuivi en soulignant que c'était la réalité aujourd'hui qu'il fallait avoir à l'esprit lors de l'examen de ce texte. "Chers collègues attention ! On est en train de parler d’un sujet qui a fait 130 000 morts, qui a fait des dizaines de milliers de personnes qui comme moi vont devoir vivre jusqu’à la fin de leurs jours avec les conséquences du Covid"


Raphaël Gérard a ainsi fustigé l’opposition et les récupérations politiques de la crise sanitaire : "Aujourd'hui, on est en train de parler de comment tout mettre en œuvre pour éviter que ça arrive. Alors on peut parler de la liberté, on peut brandir la liberté dans tous les sens mais la liberté ce n'est pas un ensemble de droits, c'est un ensemble de devoirs et de droits."

"Alors vous pouvez continuer à gesticuler toute la nuit mais chacune de vos gesticulations est une une insulte aux 130 000 personnes qui sont mortes", a-t-il conclu.