"Lorsque nous sommes sous l'effet de pressions de puissances qui parfois se durcissent, réagir, montrer que nous avons avec nous aussi la puissance et la capacité à nous défendre n'est pas céder à l'escalade, c'est simplement nous faire respecter", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre grec, en réaction à la perte par la France du contrat australien de sous-marins au profit des Etats-Unis.

"Les Etats-Unis d'Amérique sont des grands amis historiques et des alliés en termes de valeurs, mais nous sommes obligés de constater que depuis plus de dix ans, les Etats-Unis d'abord se concentrent sur eux-mêmes, et ont des intérêts stratégiques qui se réorientent vers la Chine et le Pacifique", a-t-il souligné.

"C'est leur droit, c'est leur propre souveraineté. Mais nous serions là aussi naïf, ou nous commettrions une terrible erreur, à ne pas vouloir en tirer toutes les conséquences pour nous-mêmes", a-t-il insisté, à l'occasion de la signature avec la Grève d'une contrat de vente de trois frégates.

"C'est avec le même pragmatisme et la même lucidité que nous devons en tant qu'Européens prendre notre part de nos propres protections. Ce n'est pas une alternative à l'alliance avec les Etats-Unis, pas une substitution, c'est assumer ce pilier européen dans le cadre de l'Otan. "Il nous est demandé d'assumer davantage notre propre protection, je pense que c'est légitime; c'est donc à nous de le faire", a-t-il conclu.

L'annonce le 15 septembre d'un partenariat stratégique entre les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni, qui s'est soldé par l'annulation d'un mégacontrat de sous-marins français à Canberra, a provoqué une crise diplomatique majeure entre la France et les Etats-Unis.