Voilà une histoire qui fait beaucoup parler chez nos voisins français mais qui dépasse également les frontières. Tout est parti d'une vidéo qui a commencé a circuler sur Internet et dans laquelle un couple - Laurent et Elodie - affirmait être victime de squatteurs dans leur maison récemment acquise dans l'Essonne.

Dans cette vidéo, partagée initialement le mercredi 8 juin par le média français Le Parisien, Laurent et Elodie confiaient ne pas avoir pu s'installer dans leur nouveau chez-eux car la maison était occupée par des squatteurs, à savoir un couple et quatre enfants. "On est passé du rêve au cauchemar", déclaraient les deux tourtereaux, qui avaient entrepris des démarches administratives mais peu fructueuses.

Leur témoignage a lui en tout cas beaucoup ému la Toile au point que la vidéo est devenue rapidement virale et que l'affaire a commencé à faire du bruit. A tel point que le ministres de l'Intérieur Gérald Darmanin et sa collègue à la Cohésion des territoires Amélie de Montchalin sont passés à l'action, le jeudi, en exigeant au préfet du département d'"’engager la procédure de l'article 38 de la loi Dalo pour une évacuation rapide des occupants illégaux."


Le couple a dans la foulée vu ses rêves exaucés puisqu'un arrêté de mise en demeure était rapidement publié par la préfecture du département. Finalement, dès le lendemain, la famille squatteuse a quitté les lieux, mais face à l'engouement médiatique, des individus cagoulés les attendaient à la sortie et ont agressé et gazé le couple et leur quatre enfants.

L'affaire a tenu en haleine toute la presse française et TF1 y a même consacré un reportage dans son JT de 20 heures le jeudi 9 juin. Sauf que ce jour-là, BFMTV enquête également et émet des soupçons contre le couple acheteur. Dans un reportage sur la chaîne (à voir ci-dessous), un journaliste confie que "Laurent nous l'a avoué, lorsqu'il l'a achetée, il savait très bien que cette maison était squattée par une famille" et il "comptait sur la loi pour parvenir à faire expulser la famille déjà installée".


Le jeudi toujours, des internautes remarquent eux aussi des incohérences, notamment concernant le prix peu élevé de la maison, soit 140.000 euros, une "une bouchée de pain" pour la région. "Normal, elle est habitée, il faut donc entamer des démarches judiciaires pour la libérer", confie un internaute. Ironie du sort, en même temps, une vidéo Facebook de la conseillère en immobilier qui a réalisé la vente refait surface. Sur les images, prises le jour de la vente le 19 mai, elle explique "qu'il s'agit d'un bien à un coût très intéressant, du fait de tous les travaux de remise en état, du fait de l'occupation des squatteurs, dont il faut encore s'occuper, il y a des procédures à mettre en place."


Finalement, le vendredi 10 juin, jour où la famille squatteuse quitte les lieux agressée, Le Parisien publie un long comminqué dans lequel le média reconnaît avoir été dupé. Il s'avère en réalité qu’Élodie et Laurent savaient donc bien que la maison était squattée, ce qu'ils niaient jusque-là. “Nous regrettons sincèrement que ce couple, malgré nos précautions et nos vérifications d’usage, ait pu sciemment nous induire en erreur, et nous nous en excusons sincèrement auprès de nos lecteurs”, s'est excusé Le Parisien, qui évoque notamment une "mise en scène" du jeu de clés, qu'Élodie et Laurent ont utilisé "pour faire genre".