La boxe, la politique et la foi chrétienne : Emmanuel "Manny" Pacquiao, qui vient d’annoncer sa retraite sportive à 42 ans et rêve désormais de devenir président des Philippines, a placé son destin sous la protection de cette curieuse trinité.

Aux Philippines, il est un héros national richissime, presque un demi-dieu, qui multiplie les casquettes : député, prédicateur, joueur et entraîneur de basket, chanteur, sponsor de marques.

Sur le ring, la carrière de "Pac Man", longue de 25 ans, est l’une des plus impressionnantes de l’histoire. Avec 72 combats dont 62 victoires, il est le seul boxeur jamais sacré dans six catégories de poids (mouche à super-welter).

Symbole d’une longévité exceptionnelle, 21 ans séparent son premier et son dernier titre, devenant à 40 ans et sept mois le champion le plus âgé de l’histoire dans cette catégorie.

En août, il a échoué à marquer encore un peu plus l’histoire en s’inclinant, à 42 ans, contre le Cubain Yordenis Ugas. Son 72e et dernier combat.

Fort de son immense popularité, il veut désormais se consacrer exclusivement au combat politique, en visant l’élection présidentielle de 2022.

Après deux mandats de député et un de sénateur, la victoire est loin d’être assurée, mais pas complètement irréaliste dans un pays dont la classe politique est bardée de célébrités.

Né à Bukidnon, Emmanuel Dapidran Pacquiao a arrêté l’école à 14 ans et vendait des donuts au bord de la route pour aider sa mère et ses deux petits frères. Cette soudaine célébrité le fait basculer dans tous les excès : alcool, jeux d’argent…

Mais en 2012, il embrasse la foi évangélique, assurant avoir été choisi par le Tout-Puissant pour diffuser le message du Christ.

Sur le fond, il a créé la polémique en soutenant la sanglante guerre aux cartels de la drogue menée par le président, qui a fait selon les ONG des dizaines de milliers de morts et fait l’objet d’une enquête de la Cour pénale internationale.

Il a également, au nom de sa foi, dit son opposition farouche au divorce, à l’avortement et à la contraception, et multiplié les saillies homophobes, ce qui lui a valu de perdre son contrat publicitaire avec Nike. (AFP)