Alors que le procès sur les attentats de Paris a débuté il y a une semaine, la chaîne de service public franco-allemande a diffusé le 3 septembre dernier un documentaire intitulé "Les ombres du Bataclan". Celui-ci vise à revenir "sur les dysfonctionnements qui ont jalonné une nuit tragique", rapporte la chaîne de télévision. Manuel Valls, alors Premier ministre, et Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur en prennent pour leur grade sur la gestion des forces de police lors du drame.

Un ancien officier du renseignement, visage caché et voix modifiée, porte notamment de lourdes accusations envers l'ancien Premier ministre. D'après lui, Manuel Valls aurait ordonné de ne pas faire intervenir une certaine partie des forces de l'ordre alors disponibles : "À ce moment-là, on était dans un contexte particulier. Nous avions Manuel Valls qui, en tant que Premier ministre, visait clairement le poste de président de la République", déclare-t-il. "Il avait besoin de s'accaparer les bonnes grâces au sein des policiers. Ce qui n'était pas gagné. Il fallait qu'il mette en avant les policiers sur des interventions. Quitte à ne pas faire intervenir certains et privilégier d'autres, comme par exemple la BRI". (à 50:08 dans la vidéo ci-dessous).

Dans une série de tweets, Manuel Valls a dénoncé ce jeudi "la violence inouïe" des déclarations diffusées sur Arte et a annoncé porter plainte pour "diffamation publique envers une personne publique". "Cela revient à m’imputer un cynisme quasi diabolique puisque je n’hésiterais pas à sacrifier des vies humaines sur l’autel d’un tortueux calcul électoral. Ces propos dépassent largement les limites admissibles de la liberté d’expression", pointe l'ancien Premier ministre qui déplore ne pas avoir pu y répondre précisément. "Ils caractérisent à l’évidence le délit de diffamation publique envers une personne publique", estime-t-il.


La classe politique réagit

L'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, également mis à mal dans le documentaire, a tenu à prendre la défense de son ex-Premier ministre. "Quand on sait à quel point nous étions dévastés les uns et les autres, dire des choses de cette nature, les laisser diffuser, ne peut pas produire d'autres effets qu'une forme de nausée", a-t-il affirmé sur Europe 1.

L'actuel ministre de l'Intérieur a également tenu à apporter son soutien à Manuel Valls. "Chacun sait l’engagement total de Manuel Valls comme ministre de l’intérieur puis comme Premier ministre durant cette période dramatique", a-t-il rappelé sur Twitter.


Christophe Castaner, qui a aussi été ministre de l'Intérieur sous Emmanuel Macron, a également réagi sur Twitter en affirmant savoir "combien cette mise en cause est sans fondement, contraire à la vérité et à l'action du gouvernement alors en exercice".

La chaîne Arte n'a pour le moment pas réagi à la plainte de Manuel Valls.