Une marche blanche a rassemblé samedi dans le Lot-et-Garonne quelque 2.000 personnes, selon la gendarmerie, pour rendre hommage à la gendarme de 25 ans qui a été fauchée le week-end dernier par un chauffard voulant échapper à un contrôle routier.

La marche s’est tenue à Aiguillon, une petite ville de plus de 4.000 habitants où Mélanie Lemée travaillait au sein d’une brigade de proximité, dépendant de la gendarmerie voisine de Port-Sainte-Marie, là où la jeune Normande a trouvé la mort samedi dernier, dans la soirée.

Au son d’une sirène à 15h, la marche s’est ébranlée, avec en tête de cortège une grande banderole au nom de Mélanie portée par des membres du club de handball local où jouait cette sportive accomplie, a constaté un correspondant de l’AFP.

"C’était une force de la nature. Elle était joyeuse. Elle nous donnait tout le temps le moral", a dit l’une d’entre elle, Emmeline.

Parti de la mairie, le cortège, qui rassemblait plusieurs élus locaux, s’est arrêté devant la gendarmerie où la foule a applaudi plusieurs fois, beaucoup déposant des fleurs, avant d’entonner la Marseillaise.

"C’était très émouvant de voir autant de monde. Cela prouve que nous sommes tous très affectés par cette disparition", a dit le maire Christian Girardi, ajoutant qu’il allait proposer au prochain conseil municipal de "donner son nom à une rue".

La jeune femme a été fauchée à un contrôle routier par un conducteur de 26 ans qui avait refusé de s’arrêter alors qu’il roulait, sans permis, à plus de 130 km/h et transportait "vraisemblablement de la cocaïne", selon le parquet d’Agen.

Le suspect, au casier judiciaire chargé pour des affaires de stupéfiants et de délit routier, a été mis en examen pour "homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique" et incarcéré provisoirement.

La mort de la jeune femme a suscité une grande émotion et le tout nouveau ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lui a rendu hommage à deux reprises, mardi en lui réservant son premier déplacement en région, et jeudi à la caserne de Mérignac, près de Bordeaux, où il s’est incliné devant son cercueil et lui a remis la Légion d’honneur à titre posthume.

L’avocat du suspect, qui risque la réclusion criminelle à perpétuité et conteste l’intention de tuer, s’est inquiété de l’écho médiatique de cette affaire, demandant que son client ne soit pas "lynché".

"De meurtrier à monstre il n’y a pas long, et la qualification a d’ailleurs été employée sur les réseaux sociaux", avait lancé mercredi Me Edouard Martial.