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L'opposition syrienne a avancé le chiffre de plus de 650 morts dans une attaque mercredi aux armes chimiques contre la banlieue de Damas. Cette attaque survient alors qu'une équipe d'experts de l'ONU se trouve actuellement en Syrie pour enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques dans le conflit qui a fait plus de 100.000 morts depuis mars 2011 (Des vidéos extrêmement choquantes circulent sur Youtube).

"Plus de 650 personnes ont été tuées dans une attaque aux armes chimiques en Syrie", affirme la Coalition nationale de l'opposition sur son compte officiel twitter.

Des militants anti-régime ont fait état plus tôt de près de 500 morts, des personnes tuées, selon eux, par inhalation de gaz toxiques et des armes chimiques.

Les autorités syriennes ont démenti ces affirmations qui sont, selon elles, "infondées".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins 100 personnes ont été tuées dans de violents bombardements des forces loyalistes contre des localités de la région de Damas, sans parler d'une possible utilisation de gaz toxiques.

La Ligue arabe appelle l'ONU à se rendre "immédiatement" sur les lieux de l'attaque

Le secrétaire général de la Ligue arabe a appelé les enquêteurs de l'ONU, actuellement en Syrie, à inspecter "immédiatement" la région de Damas qui a été la cible de bombardements meurtriers mercredi, des militants faisant état de l'utilisation de gaz toxiques. Au moins cent personnes ont été tuées dans ces violents bombardements sur la province de Damas, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) alors que des militants accusent le régime d'avoir fait usage de gaz toxiques lors de ce bombardement de l'armée sur la Ghouta orientale, qui borde la capitale.

Des enquêteurs de l'ONU sont actuellement en mission dans le pays pour déterminer si des armes chimiques ont été utilisées dans le conflit qui a fait en plus de deux ans plus de 100.000 morts, selon les Nations unies.

Dénonçant un "crime ayant fait des centaines de victimes parmi les civils syriens innocents", M. Arabi demande en outre dans ce communiqué à ce que ses auteurs soient traduits "devant la justice pénale internationale", affirmant être "très surpris que ce crime ait été commis alors même que sont présents les enquêteurs de l'ONU".

L'opposition a accusé le régime de Bachar al-Assad d'avoir employé des gaz toxiques et son chef, Ahmed Jarba, a appelé à "une réunion urgente" du Conseil de sécurité sur ce "massacre".

Les autorités syriennes ont démenti avoir eu recours à ce type d'armes, l'agence de presse officielle Sana accusant certaines télévisions satellitaires de diffuser des informations "infondées".

"Extrêmement inquiets"

Les Etats-Unis se sont dits "extrêmement inquiets" mercredi au sujet d'informations sur une attaque meurtrière aux armes chimiques en Syrie, et ont réclamé pour l'ONU un "accès immédiat" aux témoins et victimes.

Tout en disant "oeuvrer à obtenir des informations supplémentaires" sur cette attaque présumée, le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Josh Earnest, a affirmé que "les Etats-Unis condamnaient avec force tout recours à des armes chimiques", après que l'opposition syrienne eut fait état de la mort de 1.300 personnes dans une telle attaque près de Damas.

"Les responsables de l'utilisation d'armes chimiques doivent rendre des comptes", a ajouté ce porte-parole. "Aujourd'hui, nous demandons formellement aux Nations unies d'enquêter en urgence sur ces nouvelles accusations", a-t-il dit.

"L'équipe d'enquêteurs de l'ONU, qui se trouve actuellement en Syrie, est prête à le faire, et ce serait cohérent avec son objectif et son mandat", a fait valoir M. Earnest.

"Pour que les opérations de l'ONU soient dignes de foi, (l'équipe) doit bénéficier d'un accès immédiat aux témoins et aux personnes affectées, et pouvoir examiner et collecter des indices sans interférence ou manipulation du gouvernement syrien", a-t-il insisté.

"Si le gouvernement syrien n'a rien à cacher et souhaite vraiment une enquête impartiale et digne de foi sur le recours à des armes chimiques en Syrie, il facilitera l'accès immédiat et sans entraves de l'ONU au site" de l'attaque présumée, a remarqué le porte-parole.

Réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra des consultations à huis clos mercredi à 19H00 GMT à propos d'un massacre en Syrie qui aurait été perpétré --selon l'opposition-- à l'arme chimique, ont indiqué mercredi des diplomates à l'ONU.

Cette réunion se tient à la demande conjointe de cinq des quinze pays membres du Conseil (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Luxembourg et Corée du Sud).