Angela Merkel, venue constater dimanche les dégâts causés par les inondations meurtrières dans l'ouest de l'Allemagne, a décrit une dévastation "surréaliste" et "effrayante", promettant l'engagement de l'Etat pour aider à la reconstruction.

"C'est une situation surréaliste et fantomatique, je dirais presque que la langue allemande a du mal à trouver les mots pour décrire la dévastation qui a été causée", a confié la chancelière lors d'une conférence de presse, après avoir arpenté l'un des villages sinistrés.

Elle a promis que "le gouvernement fédéral et les régions agiront ensemble pour remettre progressivement de l'ordre" dans les zones dévastées.

'Catastrophe'

L'Union européenne a aussi assuré de son soutien face à ces intempéries, qui ont affecté en outre les Pays-Bas, le Luxembourg ou la Suisse.

"Nous les Européens sommes avec vous, en ce moment difficile de tout notre coeur", a dit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d'une visite samedi en Belgique.

Des dizaines de milliers d'Allemands sont affectés soit par la destruction de leur habitation, les coupures d'électricité, de gaz ou de lignes de téléphone. Sans parler des routes éventrées, ponts enfoncés et villes sous les décombres.

"C'est une véritable catastrophe, je suis bouleversée", a dit cette semaine Angela Merkel depuis les Etats-Unis où elle était en visite lorsque les pluies diluviennes en milieu de semaine ont subitement provoqué des inondations décrites par les témoins comme des "raz-de-marée" ou "tsunami".

Il s'agit de la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire récente du pays.

"Des caravanes, des voitures ont été emportées, des arbres ont été déracinés, des maisons ont été renversées. Nous vivons ici depuis plus de 20 ans et nous n'avons jamais rien vécu de tel", confie à l'AFP Hans-Dieter Vrancken, un habitant de 65 ans du village de Schuld, que va visiter Angela Merkel

"C'est comme la guerre", résume-t-il.

Le bilan des morts, encore très provisoire, s'établit rien qu'en Allemagne à 143 morts, des centaines de blessés et des dizaines de disparus. En Belgique voisine, où une journée de deuil national est programmée mardi, 27 personnes sont décédées à ce jour.

Les crues en Allemagne ont pris un tour politique à un peu plus de deux mois des élections législatives, à l'issue desquelles Angela Merkel quittera le pouvoir.

Chaque candidat rivalise de propositions pour renforcer la lutte contre le réchauffement climatique, cause pour beaucoup d'experts des inondations.

Gaffe

Mais le favori pour succéder à la chancelière, le conservateur Armin Laschet, a commis samedi un faux-pas préjudiciable à son image, en étant filmé en train de rire lors d'un hommage du chef de l'Etat aux victimes des crues.

"Laschet rigole pendant que le pays souffre", écrit Bild, le journal le plus lu d'Allemagne.

Les images sont devenues virales, l'indignation nationale, contraignant l'intéressé à présenter ses excuses pour son comportement "inapproprié".

La polémique a pris d'autant plus d'ampleur que M. Laschet est aussi dirigeant d'une des deux régions les plus touchées par les inondations, la Rhénanie du Nord-Westphalie.

Dans toutes les localités sinistrées, pompiers, protection civile, responsables communaux, militaires, ont débuté le colossal travail de déblaiement et nettoyage des amas de débris boueux qui obstruent souvent les rues.

Plus de 22.000 secouristes sont à pied d'oeuvre.

"C'est un scénario d'horreur", commente Michael Kossytorz dans la ville dévastée de Bad Neuenahr-Ahrweiler, en constatant les dégâts.

Scène inhabituelle, des chars militaires ont même été déployés en certains endroits pour aider aux efforts.

Caves de maison et carcasses de voitures sont inspectées une à une pour retrouver d'éventuels corps, tant en Allemagne qu'en Belgique.

Dans ce pays, à mesure que l'eau se retire, "nous allons probablement encore trouver des situations catastrophiques", a jugé la bourgmestre de Liège, Christine Defraigne.