Monde Au cours d'une reconstitution éprouvante de plus de sept heures lundi, Jonathann Daval a avoué ce qu'il n'avait jamais fait jusque-là: oui, c'est lui qui a partiellement brûlé le corps d'Alexia, son épouse, après l'avoir tuée.

C'est la fin du combat pour les parents d'Alexia. Désormais, ils savent ce qui est arrivé à leur fille cette funeste nuit d'octobre 2017, lorsque Jonathann Daval a tué Alexia. Fait exceptionnel, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot ont assisté à cette reconstitution entourés de leurs avocats. Ils espéraient ainsi faire craquer leur beau-fils, celui qui leur avait menti pendant plus de trois mois lorsque les soupçons n'étaient pas encore dirigés vers lui.

Une stratégie payante. "Face à la demande pressante de ses beaux-parents, qui l'ont imploré de dire toute la vérité, Jonathann Daval a finalement admis qu'il avait non seulement donné la mort mais également procédé à la crémation partielle du corps", a révélé le procureur de la République à Besançon, Etienne Manteaux, devant la presse lundi.

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"Si tu ne dis rien..."

D'après Le Parisien, Isabelle Fouillot a réussi à faire basculer Jonathann avec ces mots: "Si tu ne dis rien, nous penserons que quelqu'un de ta famille t'a aidé", a-t-elle lancé au bourreau de sa fille. Une phrase qui a fait mouche puisque l'auteur présumé a demandé un moment de réflexion avec ses avocats, avant de finalement reconnaître qu'il avait bien mis le feu au cadavre de son épouse, chose qu'il avait toujours nié jusqu'ici. "Je vous demande pardon, même si je sais que je suis impardonnable", a ajouté Daval.

Quelques heures plus tard, la mère d'Alexia s'est présentée face aux journalistes la mine abattue, mais quelque part soulagée d'avoir enfin eu les dernières réponses à ses questions. "Je le connais bien, je sais qu'il nous aime, nous avons des liens très forts avec lui. Ce n'était pas facile. Alexia va peut-être pouvoir reposer en paix maintenant", a-t-elle sangloté, avant de se pencher sur la question d'un pardon éventuel. "C'est tellement dur pour l'instant, on l'aimait. Le pardon, ça viendra un peu plus tard. Chaque chose en son temps...".

"Il a fallu le savoir-faire d'Isabelle, accompagné par le savoir-faire du juge, pour que la situation se débloque. La justice, quelquefois, c'est de la psychologie", s'est félicité quant à lui Me Gilles-Jean Portejoie, l'un des avocats des parties civiles. 

Le procès pourrait se tenir au deuxième semestre 2020.