Dès l'année suivante, son ex-femme "commença à s'opposer aux visites de la requérante auprès de leurs (deux) enfants, soutenant qu'elles leur causaient "un préjudice psychologique", et entama une procédure pour restreindre l'accès de la requérante aux enfants, écrit la Cour dans un communiqué résumant sa décision.

Une expertise estima en 2017 qu'un "impact négatif (serait) produit non pas par le profil individuel et psychologique de (la requérante) ou son style parental, mais par la réaction anticipée des enfants à la réassignation de genre de leur père", tout en notant "un manque de recherches dans ce domaine".

En 2018, un tribunal ordonna la restriction des droits parentaux, s'appuyant notamment sur cette expertise pour conclure notamment que sa réassignation de genre allait "créer des circonstances psycho-traumatiques à long terme pour les enfants".

Les appels et pourvois en cassation de la requérante furent tous rejetés, en dépit d'une contre-expertise très critique.

Dans leur arrêt, les juges de la CEDH ont conclu à la violation des articles 14 et 8 (droit au respect de la vie privée et familiale et interdiction de la discrimination), estimant qu'il n'y avait aucune "preuve d'un préjudice potentiel pour les enfants du fait" de changement de sexe.

Ils estiment également que la décision de privation des droits parentaux "était clairement fondée sur l'identité de genre de la requérante et qu'elle était donc discriminatoire".

Les juges paneuropéens ont alloué à la requérante une somme de 10.870 euros.