Sans cette affaire, Dominique Strauss-Khan (PS) aurait (probablement) pu être élu président de la République en 2012, en lieu et place de François Hollande. 

Neuf ans après les faits, qui se sont déroulés dans une chambre d'un hôtel Sofitel de New-York, décue par la Justice, Nafissatou Diallo brise le silence. Celle qui affirme avoir été victime d'agression sexuelle de la part du mari de l'époque d'Anne Sinclair, sort de sa réserve dans le Paris MAtch paru ce jeudi 10 septembre.. L'ancienne femme de chambre du Sofitel de New York y raconte sa version, qu'elle compte prochainement relater dans un livre. "

"Je venais de nettoyer une chambre voisine, la 2820", raconte-t-elle. "Dans le couloir, je demande au collègue qui sort de la 2806 si elle est libre. 'Oui', me dit-il. Conformément au règlement, je crie trois fois 'Housekeeping' ["ménage"]. Personne ne répond. Donc j’entre en laissant la porte entrouverte. La suite 2806 est très grande. Je ne vois aucun bagage. Dans le salon, je répète : 'Housekeeping !' Je m’apprête à entrer dans la chambre, sur la gauche, quand je vois apparaître cet homme nu. Alors, je m’écrie : 'Oh mon Dieu! Je suis désolée.' Puis tout est arrivé… Et quand cela a été fini, je me suis enfuie"

Alors que les poursuites contre DSK, alors patron du Fonds monétaire international, ont été abandonnées au pénal, et qu'un accord financier a été conclu au civil, Nafissatou Diallo dit avoir "été privée de justice". "J’ai dit la vérité", assure-t-elle. "J’ai été piégée et trahie. Je ne me remettrai jamais de la façon dont les procureurs de New York m’ont traitée. À cause de ce qu’ils m’ont fait subir, j’ai eu envie de me suicider", décrit-elle.

"J’ai reçu des menaces de mort", poursuit l'ancienne femme de chambre qui préfère taire son activité, aujourd'hui, de peur des conséquences. "J’ai été submergée de lettres, d’inconnus le plus souvent, qui me parlaient comme si j’avais touché le jackpot (après que l'accord financier n'ait été conclu, NdlR) et me demandaient de l’argent. Certains m’accusaient d’avoir piégé DSK, de l’avoir fait chanter. Il y a eu tout un tas de théories du complot… J’ai dû quitter mon appartement, emménager dans un immeuble sécurisé en dehors de New York."

Selon Nafissatou Diallo, la Justice l'a ignorée   parce que DSK "avait de l’argent et du pouvoir". "Je vous assure que s’il avait été pauvre, à la rue, un clochard, il serait aujourd’hui en prison", affirme-t-elle.

Aujourd'hui, Nafissatou Diallo dit vouloir "créer une fondation pour aider les femmes qui, comme moi, sont arrivées en Amérique sans éducation, sans même parler la langue, et qui ont vécu des situations horribles."