L’entreprise qui a affrété le cargo Modern-Express est basée rue Heyvaert, à Molenbeek, et s’appelle European Roro Lines. Son administrateur-délégué, Dany Karim, précise en exclusivité les difficultés de l’opération de sauvetage de ce navire de 164 mètres.

Êtes-vous satisfait de voir le Modern-Express quasiment tiré d’affaire ?

"Nous suivons activement l’information au jour le jour, également au travers des médias. Nous n’avons pas encore eu de contact avec l’équipage qui a été évacué la semaine passée. C’est d’abord un soulagement de savoir que le navire ne s’est pas échoué sur les plages landaises. Je dois souligner que la Marine nationale française a mis en œuvre des moyens importants. Il y a eu une synergie admirable avec la préfecture maritime, les Hollandais, les Espagnols. Le navire devrait être en ‘safe port’’ ce jeudi matin."

Quelles seront les suites ?

"Nous sommes les premiers à vouloir savoir ce qui s’est passé, où et comment. Ce n’est jamais très marrant de voir ainsi à la dérive un navire que l’on affrète depuis plus de cinq ans, avec une expérience considérable, avec lequel nous chargeons du bois débité à destination des usines belges et néerlandaises. Nous allons chercher les réponses. L’expertise sera menée une fois le bateau à quai, ce qui peut encore prendre plusieurs jours."

Allez-vous envoyer une équipe sur place ?

"Nous allons effectivement mettre en place une délégation d’experts pour tenter de comprendre. Les assurances vont entrer en œuvre, mais pour un groupe belge comme le nôtre, qui a développé une filière en France, c’est une perte commerciale. Dans le contexte morose que vit la PME active, c’est un début d’année 2016 difficile pour notre entreprise familiale."

Quel était l’objectif de ce voyage ?

"Il y avait sur ce bateau 3.600 tonnes de bois débité venant du Gabon (azomé et okoumé), ainsi que du matériel de chantier. Ce matériel était utilisé par des grands groupes européens en Afrique, où l’on construit des kilomètres de route. Quand les contrats sont remplis, le matériel est ensuite repositionné en Europe. Les sociétés font appel à nous pour le transporter."

Que pensez-vous de l’attitude du capitaine du navire ?

"Il a bien fait de faire évacuer le bateau. Il est plus important de sauver des vies que de l’acier. Et nous avons évité les dommages collatéraux."

Quelle est la valeur totale des pertes ?

"Impossible à dire pour l’heure, il faudra voir à l’expertise. Le navire était assuré. Il date de 2001 et a une durée de vie d’une trentaine d’années."