Netanyahu ouvre la porte, son ministre de la Défense la referme aussitôt


TEL AVIV Le programme nucléaire iranien, la Syrie et le processus de paix avec les Palestiniens seront les principaux sujets au centre de la visite du président américain Barack Obama en Israël, a affirmé dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le président Obama prévoit de se rendre en Israël au printemps, pour la première fois au cours de ses deux mandats, avait indiqué la Maison Blanche la semaine dernière, précisant qu'il se rendrait aussi à cette occasion dans les Territoires palestiniens de Cisjordanie et en Jordanie.

"Le président et moi avons discuté de cette visite et nous avons convenu d'évoquer ces trois sujets", a affirmé M. Netanyahu, à l'ouverture du Conseil des ministres hebdomadaire, ajoutant qu'il s'agit "d'une visite de la plus haute importance alors que la région vit une période d'instabilité".

Selon lui, "les tentatives iraniennes d'acquérir l'arme nucléaire, l'instabilité en Syrie et ce que ça implique pour la sécurité de la région et les tentatives de faire avancer le processus de paix entre nous et les Palestiniens", seront au coeur de ces discussions avec M. Obama.

Le porte-parole de la Maison Banche Jay Carney avait minimisé la semaine dernière les attentes concernant une éventuelle relance des négociations avec les Palestiniens, gelées depuis septembre 2010. "Ce n'est pas le but de cette visite", avait affirmé le porte-parole.

Israël a revendiqué à demi-mot un raid aérien le 30 janvier contre des installations militaires en Syrie, en réaffirmant qu'il ne permettrait pas que des armes soient transférées au Hezbollah.

En ce qui concerne la question iranienne, M. Netanyahu a agité ces derniers mois la menace de recourir à une opération militaire contre les sites nucléaires iraniens, et annoncé que cette question serait l'une des priorités du prochain gouvernement qu'il doit former.

"Toutes ces questions exigent la plus grande attention et je crois qu'elles nous forcent à l'unité la plus large possible", a déclaré M. Netanyahu, ajoutant que "c'est pour ces raisons que nous essayons de former la coalition la plus large possible". M. Netanyahu, désigné pour former le prochain gouvernement, mène des négociations avec plusieurs partis pour constituer une majorité.

Double jeu ?

Les déclarations de Bibi Netanyahu contrastent avec celles de son Ministre de la Défense. Celui-ci a confirmé dimanche le feu vert donné à la planification de la construction de 346 logements dans des colonies de Cisjordanie occupée. "Le ministre de la Défense a autorisé la poursuite des plans pour la construction de 200 logements à Tekoa et 146 à Nokdim", dans le sud de la Cisjordanie, a précisé le communiqué. Or, la cessation de la colonisation est une condition préalable au retour des dirigeants palestiniens à la table des négociations. Pour rappel, les colonies sont illégales au regard du droit international et pourtant, le gouvernement israélien poursuit cette politique d'annexion.

Le mois dernier, le ministère de l'Habitat qui avait lancé des appels d'offres pour près de 200 autres unités de logement en Cisjordanie, dont 114 dans le Gush Etzion, un bloc de colonies près de la de la ville palestinienne de Bethléem, où se trouvent également Tekoa et Nokdim.

Par ailleurs, dans un rapport diffusé en janvier, l'ONG anti-colonisation "La Paix Maintenant" a indiqué que sous le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le rythme de développement de la colonisation avait été le plus rapide depuis au moins dix ans.

Après s'être "en général abstenu de lancer des appels d'offres pour construire dans les colonies de Cisjordanie" en 2009 et 2010, sous la pression des Etats-Unis qui ont obtenu 10 mois de gel partiel de la colonisation, "le gouvernement Netanyahu a ouvert les vannes", souligne l'ONG.

En outre, pour la seule année 2012, la construction d'au moins 1.747 logements a commencé dans des colonies de Cisjordanie, tandis que celle de 6.676 autres a été approuvée par le ministère de la Défense, selon le document.

Quelque 340.000 Israéliens habitent dans des implantations de Cisjordanie et 200.000 autres dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, où vivent plus de 270.000 Palestiniens.

© La Dernière Heure 2013