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L’étudiante belgo-nicaraguayenne Amaya Coppens, 24 ans, a été libérée de prison mardi, à la faveur d’une amnistie décrétée par le président Daniel Ortega, avec d’autres prisonniers politiques.

Amaya Coppens, 24 ans, était l'une des dirigeantes des manifestations étudiantes de 2018. Elle avait été arrêtée le 10 septembre dernier à Leon.

Encore incertaine en début d’après-midi, la nouvelle de sa libération a été confirmée ensuite par une photo via Twitter. “Les parents d’Amaya Coppens lui apportaient de la nourriture le matin, à la prison de Managua où elle était détenue, comme ils le font tous les mardis, lorsqu’ils ont appris qu’elle avait été libérée”, a déclaré à La Libre Belgique sa cousine Anne Van Hove, qui coordonne les informations sur le sort de la jeune fille depuis l’an dernier. “Au Nicaragua, on raccompagne en effet chez eux, en bus, les détenus libérés. Elle était donc supposée être dans le bus mais pas encore arrivée à Estelí”, où elle est domiciliée, lorsque la nouvelle de l’amnistie a circulé.

De plus en plus autoritaire

Amaya Coppens est la fille d’un professeur de Sociologie belge, Frédéric Coppens, ayant enseigné au Nicaragua dans les années 80, et de Tamara Zamora, Nicaraguayenne. Elle bénéficie d’un décret d’amnistie du président Daniel Ortega. Au pouvoir, pour la seconde fois, depuis 2007, ce dernier a donné un tour de plus en plus autoritaire à son pouvoir.

En 2018, il a dû faire face à une vague de protestations populaires contre une réforme du système des pensions - contrastant avec le luxe déployé par le couple présidentiel - protestations menées par des manifestations étudiantes et qui est rapidement devenue une mise en cause générale du pouvoir Ortega. Amaya Coppens était une des dirigeantes du mouvement étudiant à Leon.

Le chef de l’Etat a répondu par une répression brutale, qui a fait 400 morts et un demi-milliers d’arrestations: des dirigeants paysans et étudiants - dont la jeune Belgo-Nicaraguayenne - et des journalistes, essentiellement.