La procureure de Paris Laure Becuau l’a annoncé dans un communiqué, une enquête préliminaire pour viol et agression sexuelle a été ouverte suite à la diffusion sur France 2 d’un numéro d’Envoyé spécial mettant en cause Nicolas Hulot. Il s’agit de déterminer si les faits dénoncés relèvent de l’infraction pénale et s’ils ne sont pas prescrits sur le plan de l’action publique.

Dès mercredi, se sachant l’objet d’un reportage sur cette question, l’ex-animateur d’Ushuaïa et ancien ministre français avait pris la parole sur BFTV, dénonçant un lynchage et des mensonges.

Dans le numéro d’Envoyé spécial diffusé jeudi soir, quatre femmes témoignent. Deux à visage découvert, une anonymenent. Toutes accusent Nicolas Hulot de comportements à caractère sexuel à leur encontre. L’une de ces femmes, prénommée Sylvia dans l’enquête de France 2, avait seulement 16 ans au moment des fait. C'est-à-dire en 1989.

Ces accusations s’ajoutent à celles formulées en 2018 par Pascale Mitterrand, petite-fille du président François Mitterrand. Sa plainte avait été classée sans suite en raison de la prescription des faits avait décidé la Justice à l'époque.

En marge de l’émission, deux autres femmes se sont également manifestées. Elles disent aussi avoir été victimes d’agression sexuelle de la part de Nicolas Hulot. Il s'agit d'une ancienne employée de TF1 et de Maureen Dor.

Dans la lettre qu’elle a fait parvenir à la rédaction d’Envoyé spécial, l’ex-animatrice belge devenue comédienne et éditrice détaille comment elle en est arrivée, à 18 ans, à se retrouver dans la chambre d’un hôtel bruxellois avec celui qui animait alors Ushuaïa, comment elle a réagi à ce qui se passait et pourquoi elle s’est retrouvée dans cette situation.

L’ensemble des faits dénoncés par ces six femmes ont eu lieu entre 1989 et 2001. Si le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, comme il le fait désormais systématiquement lorsqu’il est question d’accusations de violences sexuelles à l’encontre de personnes mineures, y compris pour des faits qui semblent prescrits, c’est pour vérifier qu’il n’y en a pas d’autres qui eux ne le seraient pas.

Comme il l’avait fait en 2018, Nicolas Hulot a nié avoir commis quelque agression sexuelle que ce soit. Il l’a dit sur le plateau de BFMTV cette semaine. Et c’est aussi ce que l’on entend dans l’enquête diffusée sur France 2. “Je ne veux même pas me défendre […],. Quel poids va avoir ma parole dans le contexte actuel. Quand on est innocent comme je le suis, on est piégé, l’entend-on expliquer par téléphone à Élise Lucet qui sollicitait auprès de lui une interview pour lui permettre d’exprimer son point de vue. Dans le contexte actuel, la parole des femmes est sacrée, c’est plié d’avance.”