"Le parquet de Grenoble a confié une enquête à la section de recherches de la gendarmerie de Grenoble suite à une lettre anonyme mettant en cause N. Lelandais", a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Grenoble, Éric Vaillant, confirmant des informations de Marianne et BFMTV.

La lettre en question a été adressée en février 2022 à l'association Assistance et recherche de Personnes disparues (ARPD), a déclaré à l'AFP sa présidente Pascale Bathany.

Elle est arrivée alors que Nordahl Lelandais était en plein procès devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre de la petite Maëlys De Araujo, une audience très médiatisée.

La lettre, dactylographiée et datée du 9 février 2022, relate comment l'auteur anonyme et Lelandais, qui étaient à l'époque amis et promenaient leurs chiens ensemble dans la région, ont "eu un problème" avec un homme rencontré en chemin, alors qu'ils se rendaient à Saint-Hilaire-du-Touvet dans le massif de la Chartreuse.

"Un gars bizarre était au milieu de la route dans un virage vers un foyer d'handicapés et Nono (surnom de Nordahl lelandais, NDLR) s'est arrêté et est descendu de la voiture en l'insultant, et le gars est parti en courant dans la forêt et Nono a lâché les trois chiens qui sont partis après le gars. Ils sont revenus un bon moment après et on n'a pas revu le gars", selon le texte de la lettre lu à l'AFP par Mme Bathany.

L'homme en question pourrait être un autiste de 43 ans qui vivait alors dans un foyer de handicapés à proximité et dont le corps avait été retrouvé au pied d'une barre rocheuse, estime-t-elle, indiquant avoir procédé à des recherches après la réception de la lettre.

"En cherchant, je suis tombée sur cette disparition, ce décès, cette personne qui avait été retrouvée en bas de la falaise et ça correspondait à l'endroit exact cité dans la lettre", souligne Mme Bathany. "Les faits étaient racontés de façon très claire."

L'association a alors rapidement prévenu la police, indique-t-elle, disant ignorer pourquoi l'auteur de la lettre s'est à l'époque adressé à l'association plutôt qu'aux forces de l'ordre. "Peut-être que la personne n'était pas bien et qu'il fallait qu'elle le dise", avance-t-elle.

Nordahl Lelandais a été condamné le 18 février à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de la petite Maëlys De Araujo en août 2017 alors qu'il purgeait déjà une peine de 20 ans de prison pour le meurtre d'un jeune militaire quelques mois plus tôt.