La protection de l'environnement planétaire "a atteint une croisée des chemins dangereuse"

WASHINGTON Telle est l'inquiétante et inexorable conclusion du rapport annuel de l'association de défense de l'environnement Worldwatch Institute.
"Les signes d'un déclin écologique accéléré ont coïncidé avec la perte d'une impulsion politique sur les questions de l'environnement, comme l'a montré le récent échec des discussions sur le climat planétaire" à La Haye, soulignent les auteurs de ce rapport "L'état du monde en 2001".

Au pôle Nord, près de la moitié de la calotte glaciaire aurait disparu

Pour le président du Worldwatch Institute, Christopher Flavin, la première source d'inquiétude est "la preuve de la fonte de la glace" au pôle Nord, où 42 pc de la calotte glaciaire aurait disparu. "Cela laisse penser que dans quelques décennies, la glace permanente du pôle Nord aura complétement disparu, ce qui aura de profondes conséquences pour la météorologie".
Selon Worldwatch, la dégradation de l'environnement a déjà conduit à des catastrophes naturelles qui ont provoqué des dommages estimés à 608 milliards de dollars pour ces dix dernières années, soit autant que pour le total des quatre décennies précédentes.

Près du tiers des récifs coralliens sont morts

La seconde inquiétude de M. Flavin est "la destruction des récifs de coraux", "un élément vital de la santé du système océanique général". Le rapport souligne que 27 pc des récifs sont déjà morts et qu'une grande partie du reste montre des signes de maladie. "S'ils disparaissent dans les prochaines décennies, il pourrait y avoir d'énormes conséquences humaines", a souligné le président de l'Institut.

Les pays pauvres sont les plus touchés par la dégradation de l'environnement

Enfin, M. Flavin est préoccupé par "les liens de plus en plus forts, depuis l'an dernier, entre les problèmes de pauvreté et les questions de l'environnement, en particulier dans les pays en développement".
"Les deux sont étroitement interconnectés dans ces pays car les conditions de l'environnement y empirent la qualité de vie", avec notamment la pollution de l'air et de l'eau.
"Globalement, si nous voulons mettre en place une économie viable, il va nous falloir inverser le déclin écologique" et "résoudre les problèmes sociaux", a-t-il dit.

Les grenouilles ne coasseront plus

Le rapport du Worldwatch Institute aborde plusieurs autres questions critiques telles que la disparition des batraciens, "sorte de baromètre de la santé de la Terre", la pollution de l'eau, les émanations de gaz à effet de serre, les désastres naturels ou la faim.
Ce dernier chapitre, selon Christopher Flavin, figure parmi les domaines où la situation s'est améliorée "dans certains pays" comme la Chine.
Les autres points d'optimisme sont pour lui le développement de l'agriculture biologique et l'essor de l'énergie éolienne, "la source d'énergie qui connaît la plus forte croissance".

Traités jamais respectés

Le rapport du Worldwatch Institute souligne enfin que "l'incapacité à respecter de nombreux traités internationaux sur l'environnement gênait le progrès sur de nombreux fronts".
"La globalisation doit aller au-delà des relations commerciales pour embrasser les liens politiques et de la société civile entre les divers pays si nous voulons éviter une catastrophe partagée", concluent les auteurs du rapport.