Carolina Pimenta, une jeune femme portugaise, a été testée positive à son arrivée à l'aéroport Schipol d'Amsterdam vendredi. Elle fait partie des 61 passagers en provenance d'Afrique du Sud testés positifs au Covid-19. La jeune femme voyageait en compagnie de son partenaire André Sanz, testé négatif. Le couple, qui ne souhaitait pas être séparé, a été placé en quarantaine à l'hôtel Ramada, situé à deux pas de l'aéroport. Ces précautions ont été prises par les autorités néerlandaises en raison des craintes liées au variant Omicron, que l'on sait désormais présent dans le pays depuis le 19 novembre.

Mais la jeune femme, qui avait eu un test PCR négatif lors de son départ, était persuadée d'avoir eu un faux positif aux Pays-Bas. Celle-ci a donc, avec son partenaire, décidé de faire un nouveau test, relate la BBC. L'homme a pu se rendre dans un supermarché pour acheter deux tests antigéniques, dont le résultat a été négatif. Le couple a donc décidé de reprendre l'avion en direction de l'Espagne, muni des tests PCR négatifs qu'ils avaient utilisés pour prendre l'avion en Afrique du Sud.

Mais les autorités néerlandaises, averties lors de leur départ de l'hôtel, ont rapidement pris des mesures afin que le couple soit forcé de respecter la quarantaine, en vertu d'une ordonnance d'urgence. La police militaire a alors procédé à l'arrestation de la jeune femme à bord de l'avion.

"Ce n'est pas ainsi que l'on traite les gens dans un pays civilisé"

Bart Maes, l'avocat du couple dénonce un traitement "honteux". "Les autorités veulent montrer à quel point elles sont puissantes, mais ce n'est pas ainsi que l'on traite les gens dans un pays civilisé", a-t-il déclaré à la BBC. Selon lui, toutes les personnes impliquées dans cette affaire devraient avoir honte. L'avocat demande une compensation pour la façon dont le couple a été traité par les autorités.

En attendant, le couple a été transféré dans un hôpital de la ville de Haren. Il est toujours en quarantaine, malgré les tests négatifs réalisés depuis. Car à part le test positif effectué à son arrivée, Carolina Pimenta a subi deux tests PCR et deux tests antigéniques, qui se sont tous révélés négatifs. André Sanz n'a quant à lui jamais été contrôlé positif.

"Pire qu'une prison"

"La nuit dernière, les eaux usées ont débordé dans notre salle de bains. Maintenant, ils nous disent que je dois attendre et faire un autre test PCR demain", se plaint la jeune femme. "C'est pire qu'une prison".

"C'est comme s'ils attendaient que je tombe malade pour prouver qu'ils ont raison. Nous sommes partis pour des vacances de rêve en Afrique et maintenant nous vivons un cauchemar. Nous regardons le monde dire que nous sommes des criminels avec une histoire qui n'est qu'un mensonge", déplore le couple. "Nous nous sentons seuls et abandonnés".

Le couple a finalement pu quitter le pays ce mardi, a annoncé son avocat. "Mme C.I. Pimenta Costa da Silva Lopes, de nationalité portugaise, et M. A. Sanz del Puerto, de nationalité espagnole, ont été ou seront libérés de leur isolement", a déclaré leur avocat dans un communiqué.

"Sur la base des informations dont le ministère public dispose désormais sur l'incident, le ministère public est d'avis qu'il n'y a aucun soupçon d'infraction pénale, donc il n'y aura pas de poursuites", a déclaré à l'AFP Ilse de Heer, porte-parole du parquet.

Le couple va être rapatrié en Espagne, a indiqué leur avocat, Bart Maes.