Neuf jours après l'invasion russe, il est "important de rassurer (les Ukrainiens): nous les voyons dans le futur à l'intérieur de l'UE, à la table européenne", a insisté M. Sefcovic depuis Arles (sud de la France), où se réunissaient vendredi les 27 ministres des Affaires européennes.

Mais dans un premier temps, il faut "se concentrer sur ce qu'il y a de plus important: aider l'Ukraine dans son combat contre l'ennemi et lui offrir toute l'assistance possible", a-t-il poursuivi.

Mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait réclamé une intégration "sans délai" de son pays à l'UE, demandant aux Européens de "prouver qu'ils sont avec l'Ukraine".

"L'Europe sera beaucoup plus forte avec l'Ukraine en son sein (...) Sans vous, l'Ukraine sera seule", avait-il déclaré dans un discours en visioconférence aux eurodéputés, réunis à Bruxelles en séance extraordinaire.

"Nous nous battons pour notre survie (...) mais nous nous battons aussi pour être des membres égaux en droits de l'Europe (...) Donc, prouvez que vous êtes avec nous, prouvez-vous que vous ne nous abandonnez pas, et que vous êtes vraiment des Européens", avait-il plaidé, suscitant une ovation dans l'hémicycle.

"Nous devons avoir une solidarité immédiate avec l'Ukraine", "c'est ça l'urgence", qui passe par des sanctions de la Russie et une "solidarité directe" avec Kiev sur le plan humanitaire et militaire, a commenté vendredi le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune.

L'intégration de l'Ukraine à l'Union européenne relève "d'un signal, d'une perspective qui de toute façon prendra plusieurs années", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse.

"Nous ne sommes pas encore au bout de cette discussion. Tout le monde (les ministres présents à Arles, NDLR) a dit qu'il fallait envisager différentes options. Il y a des nuances, dans les sensibilités, les expressions", a poursuivi M. Beaune.

Aucune procédure d'intégration rapide n'existe en tant que telle et l'intégration à l'UE est un processus long pour rapprocher la législation du pays candidat du droit européen. Il nécessite des négociations complexes sur de nombreux sujets et des critères difficiles à respecter pour un pays en guerre comme la stabilité politique et une économie de marché viable.