Près de 500 personnes s'étaient rassemblées devant les grilles du commissariat de Brooklyn Center, à une dizaine de kilomètres de Minneapolis, pour une sixième soirée consécutive de manifestations après la mort dimanche de Daunte Wright, tué lors d'un banal contrôle routier.

C'est aussi dans cette grande métropole du nord des Etats-Unis, que se déroule actuellement le procès de Derek Chauvin, l'ex-policier blanc accusé du meurtre de George Floyd l'an dernier.

Peu avant l'entrée en vigueur d'un couvre-feu à 22H00 (05H00 HB) décrété par les autorités, la police a donné l'ordre à la foule par haut-parleur de se disperser avant de déployer plusieurs dizaines d'agents en tenue anti-émeute.

Encerclant les manifestants restés sur place, les forces de l'ordre ont alors notamment fait usage de gaz poivre sur plusieurs journalistes qui s'étaient clairement signalés comme tel.

La presse a en outre eu interdiction de rester dans le dispositif de nasse mis en place par la police pour documenter les arrestations en cours.

Pour sortir de ce dispositif, les journalistes ont également eu l'obligation de se faire photographier, ainsi que leurs documents d'identité, par la police de l'Etat du Minnesota.


Après une plainte déposée par plusieurs journalistes et un syndicat les représentant, un juge avait pourtant décrété plus tôt le même jour une ordonnance temporaire d'éloignement envers la police à Brooklyn Center.

Selon le jugement rendu public, les forces de l'ordre ont ainsi interdiction "d'arrêter, ou de menacer d'arrêter (...) toute personne dont elles savent ou ont raison de croire qu'elle est journaliste".

Interdiction leur est faite également d'utiliser la force physique ainsi que grenades assourdissantes, matraques, ou encore "agents chimiques" comme du gaz poivre contre les journalistes.

Le groupe de défense de la liberté de la presse U.S. Press Freedom Tracker déplore "au moins 7 agressions et 3 arrestations/détentions de journalistes couvrant les manifestations" depuis dimanche à Brooklyn Center.