#PasDeDébatPasDeMandat, peut-être aurez-vous vu passer ce hashtag sur Twitter ces derniers jours ? Ce dernier est né après la publication d'une tribune dans le quotidien Libération, le 15 mars dernier. L'idée de ce hashtag est très simple : faire savoir que la réélection d'Emmanuel Macron serait illégitime si ce dernier refuse de participer à un ou plusieurs débats face aux autres candidats à l'élection présidentielle. Le président de la République a expliqué qu'il ne participerait à aucun débat avant le premier tour. Pour se justifier, Emmanuel Macron a fait savoir "qu'aucun président en fonction qui se représentait ne l'avait fait". À la place, le président privilégie au maximum les rencontres citoyennes qu'il juge indispensables dans ce contexte conflictuel actuel, en raison de la guerre en Ukraine.

Parmi les signataires de cette tribune nous retrouvons des membres de la gauche et de l'extrême gauche, tels que Laurent Binet, le philosophe Frédéric Lordon, la militante féministe Caroline De Haas ou l'autrice Alice Zeniter. "Nous avions compris que Macron avait pour idéal le renouvellement de son mandat par tacite reconduction. Qu'il y aurait une guerre et qu'il s'en servirait avec le dernier degré d'hypocrisie opportuniste, nous pouvions plus difficilement le voir venir", peut-on notamment lire dans ladite tribune.

Au lendemain de publication de la tribune, le hashtag #PasDeDébatPasDeMandat avait été retweeté plus de 26.000 fois sur Twitter. Plusieurs membres de l'extrême droite se sont également empressés de repartager le hashtag. C'est notamment le cas d'Eric Zemmour qui a publié une photo d'Emmanuel Macron mal rasé en indiquant: "Emmanuel Macron veut nous faire croire qu'il n'a même plus le temps de se raser, de s'habiller et de se coiffer. Il veut qu'on le plaigne." Cette appropriation du hashtag par Eric Zemmour n'a bien entendu pas été au goût des initiateurs de la tribune qui ont dénoncé une forme d'opportunisme.


Du côté de l'entourage d'Emmanuel Macron, Roland Lescure, député LREM, a expliqué à Franceinfo qu'il était absurde de parler d'illégitimité dans le cas où Emmanuel Macron serait réélu. "Prétendre que l'élection serait illégitime parce qu'on n'a pas eu un débat à douze en prime time est ridicule. On peut débattre autrement". 

Emmanuel Macron n'a lui pas officiellement réagi depuis l'apparition du fameux hashtag.