L'ex-homme fort du Chili en a terminé avec ses examens médicaux

SANTIAGO Après tros jours et une batterie de tests médicaus, le général Pinochet, l'ancien homme fort du régime chilien de 1973 à 1990, est rentré chez lui et ne devrait plus en sortir avant le 23 janvier prochain, date à laquelle le juge Guzman a fixé sa première audition.

Le juge Guzman, qui instruit 202 dossiers à cherge du vieux caudillo avait, dans un premier temps, fixé sa rencontre avec Augusto Pinochet à la date du 15 janvier. Mais l'homme de loi qui a expliqué récemment qu'il devait subir des pressions de la part des milieux politiques a préféré reculer cette rencontre d'une semaine tout en se refusant d'attendre qu'une date soit fixée pour la publication des résultats des examens médicaux passés par son interlocuteur.

En fixant son rendez-vous pour demain, le juge aurait pu se voir opposé un nouveau refus de la part des instances d'appel qui n'auraient pas manqué d'être convoquées par les défenseurs de Pinochet qui auraient jugé cette attitude du juge contraire et injustes par rapport aux intérêts de leurs clients.

En laissant une semain de répit à Pinochet et aux siens, le juge donne un peu de temps au temps, ouvre un parapluie qui devrait le mettre à l'abri des critiques et donne l'espoir aux proches de l'ex-caudillo que le verdict des médecins le jugent inapte.

Au Chili, toute personne âgée de plus de 70 ans doit subir des tests psychologiques avant de comparaître devant les tribunaux.

Les examens, qui se sont déroulés à l'hôpital militaire de Santiago, ont pris fin vendredi six heures plus tôt que prévu à l'issue d'une troisième journée. Ils auraient normalement dû se poursuivre jusqu'à samedi.

Son fils, Marco Antonio, a déclaré que les examens avaient épuisé le vieux dictateur.

Le juge Juan Guzman enquête sur plus de 200 cas de violations des droits de l'Homme perpétrées sous la dictature militaire de Pinochet (1973-90).

Il souhaite interroger le général sur son éventuelle implication dans la Caravane de la Mort, une unité militaire accusée d'avoir fait disparaître 77 opposants dans les semaines qui ont suivi son coup d'Etat en septembre 1973.

Les défenseurs des droits de l'homme soutiennent que Pinochet doit être interrogé quoi qu'il arrive. Les avocats du sénateur à vie veulent au contraire attendre une dizaine de jours dans l'espoir qu'il sera entretemps déclaré inapte à subir un tel interrogatoire.