Monde

Plus de 3.000 personnes, parmi lesquelles des Belges, ont envahi samedi les rails qui permettent le transport du charbon autour de la mine de Hambach, située en Rhénanie dans l'ouest de l'Allemagne, a fait savoir samedi Laure Kervy, contact presse francophone de l'opération. 

Deux mille autres militants sont bloqués par la police aux abords du site, a-t-elle ajouté. Par cette action de désobéissance civile de masse, les participants entendent appeler à la sortie immédiate du charbon et à la justice climatique. Quelque 200 protestataires belges, issus de plusieurs mouvements citoyens, ont décidé de se rejoindre à des activistes du groupement anti-charbon allemand "Ende Gelände" (Pas plus loin, ndlr). "Le réchauffement climatique n'a pas de frontière et cette mine de lignite est l'un des plus gros émetteurs de dioxyde de carbone en Europe", affirme-t-il.

"Les ambitions politiques ne sont clairement pas à la hauteur de ce qu'il faut faire d'un point de vue environnemental, que ce soit en Belgique ou en Allemagne. C'est pourquoi il est important que des Belges participent à l'action car ça nous concerne tous", explique Laure Kervy.

Alors qu'elle a fait la route pour participer au blocage, cette dernière est retenue avec quelque 1.500 à 2.000 personnes par la police et ne peut atteindre les rails de l'entreprise, qu'ont par contre pu rejoindre 3.000 autres activistes.

Dans l'attente d'un éventuel accès au site, les militants retenus se sont joints à une manifestation légale organisée par des ONG, portant ainsi le nombre de participants de 500 à la base à quelque 2.500.

Selon le mouvement pour le climat, les trois mines à ciel ouvert et les trois centrales adjacentes font de la région rhénane, proche de Cologne, l'une des plus grandes sources d'émission de CO2 en Europe.

En septembre, un procès a été temporairement gagné par les militants écologistes. La justice allemande a estimé que la compagnie RWE, à laquelle la mine visée samedi appartient, devait suspendre le déboisement controversé de la forêt de Hambach pour pouvoir agrandir la mine du même nom.

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le charbon rejette 45% des émissions mondiales de CO2 liées au secteur énergétique, auxquelles s'ajoutent autres gaz à effet de serre et particules fines. Le monde n'en a jamais brûlé autant depuis le début de la Révolution industrielle. Après avoir atteint 4% par an entre 2000 et 2013, la croissance de la demande mondiale devrait seulement ralentir sur la période 2015-2021, selon les prévisions de l'AIE.

Or, selon l'Onu, 80 à 90% des réserves de charbon devront rester sous terre si le monde veut tenir son objectif, fixé par l'accord de Paris, de rester sous 2°C de réchauffement.