Les négociations en vue de la formation faisaient du sur place depuis les élections remportées en mars par le VVD centre-droit de Mark Rutte suivi par les progressistes du D66, menés par l'ancienne cheffe de la diplomatie Sigrid Kaag, en raison de plusieurs blocages personnels mis en place par les partis.

"En ce qui nous concerne, ce n'est pas une répétition de cette (précédente) coalition, ce sera vraiment un nouveau départ", a assuré M. Rutte, au pouvoir depuis 2011, qui s'apprête à entamer un quatrième mandat.

Les négociations formelles devraient enfin pouvoir commencer entre les membres de la coalition précédente : le VVD, le D66, les chrétiens-démocrates centristes du ministre des Finances Wopke Hoekstra (CDA) et le parti centre-droit conservateur ChristenUnie (CU).

Mais parvenir à un nouvel nouvel accord de gouvernement pourrait prendre encore des semaines voire des mois. En 2017, il a fallu un nombre record de 225 jours pour former le dernier gouvernement.

Mme. Kaag, qui visait à former un nouveau cabinet plus progressif, a fini par lever son opposition à reformer la même coalition à la tête du pays afin d'éviter de devoir rappeler les électeurs aux urnes.

"Personne ne veut de nouvelles élections. Elles paralysent la politique pendant au moins six mois", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. "Nous allons négocier", a-t-elle conclu.

Ministre Téflon

Mais l'ancienne diplomate de l'ONU pourrait faire face à des critiques au sein de son propre parti pour avoir rejoint la même coalition, puisque leur forte performance électorale avait fait suite aux appels de Mme. Kaag au changement politique.

Le D66 a longtemps refusé de former une coalition avec le ChristenUnie, jugé trop conservateur, tandis que le VVD et le CDA refusaient de gouverner avec une alliance des partis GroenLinks (verts) et le PvdA (travaillistes).

Le leader d'extrême droite Geert Wilders, qui a été exclu des pourparlers en vue de former une coalition alors qu'il détenait le troisième plus grand nombre de sièges au parlement, a affirmé que Mme Kaag "crachait au visage de l'électeur", en acceptant de répéter la précédente coalition.

Surnommé le ministre "Téflon" pour sa capacité à sortir indemne des crises politiques, Mark Rutte avait été contrait de démissionner en janvier après un scandale lié à des allocations familiales, et le gouvernement gère depuis les affaires courantes.

M. Rutte avait également en avril surmonté de justesse une motion de défiance au Parlement déposée par des partis de l'opposition, qui l'accusaient d'avoir menti lors des négociations pour former une coalition.

Son gouvernement avait en outre enregistré un nombre record de départ de ministres, notamment Sigrid Kaag, ancienne cheffe de la diplomatie, qui avait démissionné plus tôt ce mois-ci en raison de la gestion chaotique des évacuations en Afghanistan.

La formation d'un gouvernement a également été rendue compliquée par la multiplication des partis à la faveur d'un système électoral très ouvert. Au total 19 partis ont remporté des sièges au parlement lors des élections de mars.