Un étudiant luxembourgeois en art, récompensé par la Biennale d'art contemporain de Strassen, est actuellement au coeur d'une polémique. Il est accusé d'avoir gagné le prix d'encouragement en plagiant une artiste chinoise.

"Un mec a plagié ma photo, remporté 1500 euros de prix, été exposé dans une biennale soutenue par le gouvernement luxembourgeois, puis essayé de m'expliquer ce qu'est une violation du droit d'auteur. Incroyable", a réagi l'artiste chinoise Jingna Zhang. En illustration de son tweet, l'artiste a placé les deux oeuvres côte à côte : la sienne à droite, et celle de l'étudiant à gauche.

Interrogée par le journal luxembourgeois L'essentiel, Jingna Zhang explique avoir été "alertée par plusieurs personnes". Suite à la polémique, l'étudiant lui-même lui a envoyé un mail. "Il m'a dit qu'il s'était inspiré de photos que quelqu'un d'autre avait faites de mon travail. Il m'a dit que, même s'il s'était inspiré de certains de mes choix artistiques, il avait créé une image de façon artisanale, avec des couleurs différentes, un retournement de la photo et l'ajout de boucles d'oreilles."

"Je défends le principe de mimétisme"

L'étudiant, nommé Jeff Dieschburg, invité à réagir par le journal, explique qu'il s'agit "d'une production réalisée dans le cadre de mes études". "Un peintre peut s'approprier un matériel et le transposer dans un autre contexte. Je défends le principe de mimétisme. C'est une stratégie artistique courante. Je suis encore étudiant, j'ai besoin de références pour retranscrire le monde." Des propos soutenus par l'avocat du jeune homme qui est convaincu qu'on "ne peut pas l'accuser de plagiat". "Dans l'histoire, les artistes s'inspirent les uns des autres", poursuit-il.

"Un manque de respect total"

Jingna Zhang, elle, n'en démord pas. Sur Instagram, elle explique avoir "toujours été heureuse de laisser les étudiants s'inspirer de mon travail pour des études ou des pratiques, tant qu'il n'y a pas un but commercial derrière et que c'est toujours crédité. (...) Voir quelqu'un loué, récompensé, gagner des prix et faire des interviews sans vergogne et ce, malgré la copie d'une grande partie de mon travail... C'est une audace et un manque de respect total."

La Biennale d'art contemporain de Strassen, qui a lieu du 20 mai au 8 juin, ne sait pas encore quelles suites donner à cette histoire. Elle a donc mandaté une experte pour éclaircir l'affaire.