L'été 2020 avait coïncidé en France avec une reprise de l'épidémie de coronavirus, principalement chez les jeunes. Dans une vidéo partagée ce 2 mars 2021 sur sa chaîne YouTube, Didier Raoult dévoile ce qu'il pense être responsable de ce regain du virus.

Le professeur met en cause l'usage de chichas, une activité qui serait selon lui "un modèle expérimental extraordinaire pour transmettre une maladie respiratoire". "Je vous mets en garde très solennellement contre l’usage des chichas", indique-t-il dans son enregistrement. "Le départ de cette épidémie en juillet a été surtout chez les jeunes. C’est chez cette tranche d’âge, les 25-45 ans, qu’il y a eu une explosion du nombre de cas. Est-ce que c’est ce phénomène qui entrainé la hausse des contaminations ? Je ne sais pas…"


Les chiffres manquent en effet pour affirmer les hypothèses du professeur basé à Marseille, mais celui-ci déclare avoir mis en alerte le ministère français de la Santé et que des travaux pour analyser la chose allaient être bientôt lancés.

Qu'en disent les autorités?

En décembre, le Haut Conseil de la Santé publique affirmait qu'il "n’existait pas d’études scientifiques ayant spécifiquement démontré que la fumée et l’aérosol de cigarettes/cigares/pipes/chicha augmenteraient le risque de transmission du SARS-CoV-2 entre deux fumeurs ou un fumeur et un non-fumeur."

Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie et membre du collectif Du côté de la science, s'est confié lui au Parisien et s'oppose à Didier Raoult. Pour lui, il n’y a "aucun lien de causalité" entre chicha et Covid-19 même s'il reconnaît qu’"il a pu y avoir des cas de transmission par le partage de chicha, mais ça reste minime." En outre, les risques liés au partage d’une chicha sont les mêmes que ceux de "la transmission salivaire, qu’on retrouve aussi avec le partage d’une cigarette, d’un joint… et plus encore, lorsque l’on embrasse quelqu’un sur la bouche".

Pour le spécialiste, d'autres facteurs peuvent expliquer le rebond de l’épidémie de coronavirus l’été dernier: "La vie sociale des 20-29 ans, en plein été, c’est sortir en groupe, boire en groupe, être physiquement proches, avoir des flirts… Il y a forcément des échanges buccaux et des contaminations aéroportées par proximité physique", déclare-t-il.