Du côté du New York Times, Joe Biden est déjà annoncé comme grand vainqueur. L'attitude du candidat démocrate est même félicitée. "M. Biden a cherché l'équilibre entre un ton de conciliation et une attitude confiante", peut-on lire dans les colonnes du quotidien américain. Le NY Times met ensuite en avant les grands moments du discours du démocrate. "Je ne suis pas ici pour vous dire que nous avons gagné (...) Cela découle du peuple. Et c'est leur volonté qui détermine qui sera le président des États-Unis, et leur volonté seule", avait déclaré Biden.

Le journal poursuit ensuite en analysant l'attitude de Donald Trump cette fois-ci, n'hésitant pas à qualifier de "plus faible" le républicain, ainsi que sa volonté de contester le résultat de l'élection en voulant interrompre le dépouillement. "Il avance des théories du complot sans fondement sur le décompte accumulé pour M. Biden". Mais selon le New York Times, Donald Trump n'a que très peu de chances de voir ses dires se concrétiser. "Les dirigeants républicains semblent avoir peu envie de se lancer dans une lutte prolongée sur les bulletins de vote, d'autant plus qu'il est devenu clair que M. Biden est bien placé pour l'emporter." Le quotidien met d'ailleurs en avant l'importance du vote par correspondance qui a été sous-estimé par les républicains et même découragé. Il pourrait aujourd'hui leur porter préjudice. Néanmoins, il souligne également la faiblesse du parti démocrate dans certaines juridictions toujours très pro-Trump. Notamment en Alabama, et en ce qui concerne la conquête du Sénat qui ne semble pas nécessairement acquise pour le parti de Joe Biden.

Une élection qui vacille à nouveau sur le fil

Le Time est lui plus radical. Si Biden est en bonne voie pour gagner les élections, "Donald Trump continuera à gouverner les Etats-Unis". Le quotidien justifie et félicite même le comportement des démocrates qui ne crient pas encore victoire."C'était bien loin de la répudiation radicale de Trump que les sondages avaient prédite et que les libéraux réclamaient. Après toute l'indignation et l'activisme (...) le mandat de Trump se termine comme il a commencé: avec une élection qui vacille à nouveau sur le fil du rasoir".

Le Time souligne que même s'il a perdu, Donald Tump, qui a bafoué l'état de droit pendant quatre ans, a réussi a récolter des millions de voix. Il pourrait même permettre aux républicains d'obtenir la majorité au Sénat. "Ils ont réduit les marges des démocrates avec les électeurs non blancs." Les démocrates en attendaient plus et si Biden a de fortes chances de gagner le vote populaire par une simple majorité, le Trumpisme est encore bien présent en Amérique. "La déclaration de victoire sans fondement du président était le signe que le test qu’il a fait subir aux institutions américaines n’est pas encore terminé", écrit le Time.


Pour le quotidien, les démocrates auraient dû obtenir plus de votes et même s’il devient le prochain président, il semble clair que Biden dirigera l’Amérique de Trump. "Trump a créé un changement tectonique durable dans le paysage politique américain, fomentant un niveau de colère, de ressentiment et de suspicion qu'il ne sera pas facile pour son successeur de surmonter." Pour conclure, le Time explique que peu importe le gagnant, il sera soumis à des défis extrêmes, avec la pandémie qui sévit actuellement partout dans le monde et les incidences économiques désastreuses qui en découlent.

"Il est temps pour lui de partir"

Du côté du Washington Post, une fois encore la forte influence de Donald Trump est soulignée. "Qu'il gagne ou perde, Trump a une fois de plus laissé les élites sidérées". Pour le quotidien, les plus grands perdants de ces élections sont les sondages qui avaient prévu une défaite écrasante de Trump et qui pourtant a encore ses chances de l'emporter. "Le fait que les démocrates étaient beaucoup plus susceptibles de voter tôt que les républicains a donné à Trump une ouverture pour mettre en doute la fiabilité du processus de vote anticipé et ses partisans ont pris d'assaut les bureaux de vote". Le Washington Post souligne que si Trump est resté fidèle à lui-même en misant sur ses électeurs déjà acquis, il a aussi tenté de toucher un nouveau public: les personnes de couleur. Si cela lui a permis de toucher un autre électorat, cela l'a fait un peu baisser dans le vote populaire et cela pourrait peut-être lui coûter sa place, selon le quotidien.

Enfin, même s’il venait à perdre, Trump est le vainqueur du côté du Los Angeles Times. "Il a gagné parce qu’il a semé exactement le genre de discorde qui le fait prospérer. Il a gagné parce qu’il nous a encore divisés d’une manière qui restera en vigueur longtemps après qu’il aura quitté son poste (…) Même si Donald Trump venait à s’incliner, le ‘Trumpisme’ ne disparaîtra pas." En votant une deuxième fois pour Donald Trump, les Américains envoient un message au monde, à savoir qu'il n'est pas arrivé là où il est par hasard et reste le choix d'un bon nombre de personnes. Sa volonté de faire grandir toujours plus l'économie américaine est l'une de ses plus grandes forces selon le quotidien. Malgré tout, le message du Los Angeles Times est clair: il a marqué les Etats-Unis au détriment d'une grande partie de la population et "il est temps pour lui de partir".