Alors que la pandémie repart à la hausse depuis fin mai au Royaume-Uni, Boris Johnson a tenu lundi soir une conférence de presse sur la situation sanitaire. Et ses déclarations semblent être en totale contradiction avec l'augmentation des contaminations au Covid-19, notamment au variant Delta, que connaît actuellement le pays. En effet, le Premier ministre britannique a annoncé la levée de toutes les restrictions sanitaires d'ici le 19 juillet en Angleterre (L'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord ont opté pour une levée plus lente des restrictions). Plus d'obligation de porter le masque, plus de distanciation sociale, réouverture des discothèques, stades et salles de spectacle à pleine capacité, plus de restrictions quant au nombre d'invités à une fête privée, etc : les Anglais seront libres de vivre quasiment comme avant la pandémie.

Si les décisions annoncées par Boris Johnson font débat, le Premier ministre s'est justifié sur son choix. Selon lui, il est temps de "permettre aux gens de prendre leurs propres décisions éclairées sur la façon de gérer le virus". Il sait pertinemment que la levée des mesures sanitaires causera une augmentation des cas de Covid, et une hausse des décès - il parle de 50.000 contaminations par jour d'ici le 19 juillet. Ce chiffre représenterait donc plus de 20.000 cas supplémentaires par jour, par rapport à ce qui est recensé ces derniers jours (25.000 infections ont été comptabilisées le 5 juillet). Mais le Premier britannique juge que c'est le bon moment, principalement pour deux raisons.

L'été, période favorable aux allègements

La première, c'est que la circulation du virus est moins forte lors des mois chauds de l'été. Le Covid-19, qui est un virus saisonnier, se transmet d'autant plus vite lorsqu'il fait froid et que les organismes sont déjà affaiblis. Pour Boris Johnson, les vacances d'été représentent un moment idéal pour lever les restrictions. "Si nous n'allons pas de l'avant maintenant, quand allons-nous continuer le faire ? Nous courons le risque soit d'alléger les mesures à un moment très difficile où le virus a un avantage, pendant les mois les plus froids, soit encore de tout reporter à l'année prochaine", a-t-il déclaré lors de la conférence de presse. 

Des propos qu'a appuyés le professeur Chris Whitty, conseiller médical en chef du gouvernement britannique. Pour lui, lever les restrictions maintenant ou dans plusieurs mois causera de toute façon une augmentation des cas de Covid-19, donc cela ne sert à rien de retarder la reprise d'une vie normale: "À un moment donné, on arrive à une situation où, au lieu d'éviter les hospitalisations et les décès, on se contente de les retarder. Ainsi, on ne change pas réellement le nombre de personnes qui seront hospitalisées ou qui mourront, on change peut-être le moment où cela se produit". 

Ensuite, en plus d'avoir trouvé "la période la plus favorable" à l'allègement des mesures sanitaires, Boris Johnson a justifié sa décision par l'avancée de la vaccination au Royaume-Uni. Selon ses estimations, 2/3 de la population adulte du pays sera vaccinée à la date du 19 juillet. Pour le moment, 66% des adultes ont reçu leurs deux doses de vaccin anti-Covid. Pour donner un coup d'accélérateur à la campagne, l'intervalle entre deux injections du vaccin va être réduit de douze à huit semaines.

© AFP