Après l'Allemagne qui vient de classer la Grande-Bretagne comme "zone de mutation des variants", c'est au tour de la France d'annoncer des restrictions pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni. Ceux-ci devront se plier à une période "d'isolement obligatoire". Et si la situation inquiète autant outre-Manche, c'est principalement à cause du variant indien, aussi nommé variant B.1.617.2, désormais détecté dans plus de 53 territoires.

Les contaminations au variant indien explosent

Celui-ci, considéré comme particulièrement contagieux, est en forte progression au Royaume-Uni. Selon le Guardian, le nombre de contaminations attribuées à ce variant aurait augmenté de 160% la semaine dernière. L'agence sanitaire Public Health England a comptabilisé 3.424 cas confirmés, contre 1.313 cas confirmés le jeudi précédent. Tout le pays est concerné.

Plus inquiétant encore. Selon l'agence sanitaire, les chiffres pourraient être sous-estimés. En effet, il y a "un décalage entre la collecte des échantillons et la révélation du variant identifié dans les tests positifs ". Le Royaume-Uni est pourtant l'un des pays disposant du meilleur système de séquençage.

Selon Eric Feigl-Dinq, épidémiologiste américain réputé, le variant indien serait en passe de devenir majoritaire sur le territoire. Citant un rapport de l'agence sanitaire (voir ci-dessous), l'épidémiologiste souligne qu'au 15 mai, le variant indien représentait environ la moitié de tous les cas identifiés en Angleterre.


Relative bonne nouvelle du côté des vaccins

Au 21 mai, 55,7% de sa population avait reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19. Même si la protection n'est pas encore totale après la première dose, une protection partielle peut être observée environ deux semaines après l'injection. Selon les résultats d'une étude publiée par Public Health England (PHE), les vaccins de Pfizer/BioNTech et d'AstraZeneca/Oxford se révèlent presque aussi efficaces contre le variant indien du coronavirus que contre le variant anglais. Des mesures ont été prises pour réduire à huit semaines l'intervalle entre les deux doses de vaccin pour les personnes de plus de 50 ans et les plus vulnérables.

Si le nombre de nouveaux cas de coronavirus, tous variants confondus, ne connaît pas encore une augmentation trop importante dans le pays, la contagiosité du variant indien fait craindre aux experts un regain de l'épidémie.