La nuit prochaine, les yeux de millions de personnes seront rivés sur ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique. Mercredi matin aux petites heures, on devrait savoir qui endossera la casquette de président des États-Unis pour les quatre années à venir. Plus de 1 200 candidats (!) se sont déclarés mais seuls deux peuvent réellement rêver du Graal : le président sortant Donald Trump en personne, ou son rival démocrate Joe Biden, vice-président sous l’ère Obama (2009-2017), qui rêve de devenir le 46e président des USA.

Les autres ne seront là que pour le show, et devront se contenter d’y faire de la figuration. Le plus célèbre d’entre eux n’est autre que Kanye West, rappeur et producteur à succès, époux de Kim Kardashian. Lequel pourrait aussi avoir son petit rôle à jouer dans l’élection en chipant des voix à l’un ou l’autre candidat.

Selon les sondages, Joe Biden devrait sortir grand gagnant de cette élection de tous les excès. Un peu plus d’un Américain sur deux (52 %) voterait en faveur du candidat démocrate. En face, Trump ne rassemblerait que 42 % des suffrages. Et tous les bookmakers donnent Biden comme vainqueur.

Mais il serait très hasardeux de se fier aux sondages et aux parieurs pour déterminer avec certitude le nom du prochain président. On se rappellera que la présidentielle de 2016 avait débouché sur un retournement de situation digne des plus grands films hollywoodiens. Avec pourtant près de trois millions de voix d’avance, Hillary Clinton - qui, selon certains bookmakers avait plus de 85 % de chances de devenir la première femme présidente des États-Unis - avait laissé échapper la montre en or en ne brillant pas dans les Swing States, ces fameux États qui peuvent pencher d’un parti à l’autre pour une poignée de voix seulement.

Les dernières heures seront cruciales. Et tant Joe Biden que Donald Trump l’ont bien compris, eux qui ont enchaîné les meetings électoraux à un rythme effréné ces derniers jours. Le premier pour éviter la déconvenue vécue par Hillary Clinton quatre ans plus tôt. Le second pour faire mentir les sondages.

Une élection américaine qui - comme toutes les autres avant elle - aura un retentissement mondial pour les quatre prochaines années. Selon que ce soit Biden ou Trump qui en sorte victorieux, le monde en ressortira différent en 2024, les deux hommes ayant des visions diamétralement opposées au niveau économique, diplomatique, climatique ou même migratoire.

Trump ou Biden: qui va gagner l'élection présidentielle américaine ?

Votes clôturés

Donald Trump 35,6%
Joe Biden 64,4%

13886 votes


Le mode d’emploi pour gagner la course à la Maison-Blanche

Deux principaux candidats s’affrontent donc dans les 52 États que compte le pays dans une élection qui ne se fait pas selon un scrutin direct, comme cela se fait en France, par exemple. Les citoyens américains procèdent en fait à ce qu’on appelle l’élection générale. Le résultat est alors transmis aux grands électeurs de leur État qui eux-mêmes procéderont à l’élection du prochain président des États-Unis. Un système qui soulève des questions à chaque scrutin, mais il faut bien préciser que les grands électeurs suivent toujours le vote populaire. L’autre subtilité réside dans le fait que celui ou celle qui obtient le plus de voix au total ne devient pas forcément président(e). Pour remporter l’élection finale, ce n’est pas le vote populaire global qui compte, mais bien les victoires dans les différents États. Pour faire simple, le candidat qui remporte un État gagne la totalité des voix des grands électeurs. Cela veut donc dire que le vainqueur empoche des votes précieux qu’il gagne avec 1 ou 25 points. C’est le système du Winner-takes-all qui est d’application partout, sauf dans le Maine et le Nebraska, où un système de proportionnalité a été mis en place. Aussi, chaque État n’a pas la même valeur. Le Texas (38 grands électeurs) ou la Californie (55) ont ainsi plus de poids que le Vermont (3) ou l’Alaska (3), beaucoup moins peuplés. Enfin, certains États sont appelés "swing states", ce sont ceux qui peuvent faire basculer l’élection car le vote y est toujours indécis. C’est le cas de la Floride et de la Caroline du Nord. Ce sont dans ces États que l’élection se joue puisque d’autres sont gagnés d’avance.

© D.R.