Il y a quatre ans, à la même heure, Donald Trump était incontestablement le vainqueur de l'élection présidentielle. En 2020, le scénario est tout autre. C'est une nuit au coude à coude que viennent de vivre les deux candidats à la présidentielle américaine Donald Trump et Joe Biden.

Donald Trump est en effet sur le point de remporter la Floride face à Joe Biden, une victoire qui permettrait au républicain de continuer à croire à un second mandat dans un duel qui s'annonce extrêmement serré entre deux candidats que tout sépare.

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Dans un pays traversé par des crises sanitaire, économique et sociale d'une ampleur historique, les Américains se préparaient à une longue nuit, voire de longues journées, à l'issue d'une campagne particulièrement agressive.

Seule certitude: la vague démocrate, espérée par certains dans le camp Biden qui se prenaient à rêver de victoires historiques en Caroline du Nord, en Géorgie ou encore au Texas, n'aura pas lieu.

A défaut de percée dans le Sud, le chemin de Joe Biden vers la Maison Blanche passe désormais par le Nord industriel du pays. L'objectif affiché est de reprendre trois Etats, arrachés sur le fil par Donald Trump en 2016: Wisconsin, Michigan, Pennsylvanie.

Plus à l'ouest, le décompte dans l'Arizona fera l'objet d'une attention particulière. Une victoire de Joe Biden dans cet Etat remporté par l'ancien magnat de l'immobilier il y a quatre ans lui serait très utile dans sa quête de la Maison Blanche.

Preuve de la résistance de Donald Trump, le sénateur républicain Lindsey Graham, l'un de ses proches alliés un temps menacé, a été réélu en Caroline du Sud.

Plus anecdotique, l'ancien médecin de la Maison Blanche Ronny Jackson, connu pour avoir vanté "l'excellente santé" de Donald Trump dont il est devenu un fervent partisan, a été élu mardi à la Chambre des représentants. Se disant "honoré" d'avoir été élu, le Dr Jackson a tweeté: "Je ne m'inclinerai jamais devant les gangs progressistes, et je serai le dirigeant conservateur que vous méritez".

Comme cela était largement anticipé, les démocrates ont gardé le contrôle de la Chambre des représentants, selon les estimations des médias américains.

La course pour le Sénat, aujourd'hui contrôlé par les républicains, restait indécise en milieu de soirée.

Ton mesuré de Trump

Sans surprise, les deux candidats septuagénaires ont rapidement engrangé une série d'Etats qui leur étaient promis. L'Indiana, le Kentucky, l'Alabama, l'Arkansas et le Tennessee, entre autres, pour Donald Trump. L'Illinois, la Virginie, New York, le Colorado, le Delaware ainsi que la capitale fédérale Washington pour Joe Biden.

Dans un tweet envoyé en début de soirée depuis la Maison Blanche, Donald Trump a affiché sa confiance, affirmant que les choses se présentaient "très bien" pour lui à travers le pays.

Quelques heures plus tôt, lors d'une visite à un QG de campagne républicain dans la banlieue de Washington, il avait cependant adopté un ton beaucoup plus mesuré: "C'est de la politique, c'est une élection, on ne sait jamais".

La voix fatiguée par une fin de campagne qui l'a vu enchaîner les meetings à un rythme effréné, le milliardaire de 74 ans a même, fait rare, évoqué une possible défaite: "Gagner est facile, perdre n'est jamais facile. Pour moi, ça ne l'est pas".

Joe Biden, 77 ans, ancien vice-président de Barack Obama, a refusé lui, "par superstition", de se livrer à des pronostics. Le vieux routier de la politique s'est toutefois dit "confiant".

Le vote par correspondance risque de retarder l'échéance

Le vote par correspondance, qui a atteint un niveau record, risque de retarder le dépouillement, les bulletins pouvant affluer dans les prochains jours dans plusieurs Etats.

Signe tangible des angoisses du pays, les commerces de plusieurs grandes villes, dont Washington, Los Angeles ou New York, se sont barricadés en prévision de possibles violences post-électorales.

A New York, devant la célèbre Trump Tower, un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé.

Mais alors que le vote s'est déroulé globalement sans encombre, la Bourse a terminé en forte hausse, manifestant une certaine confiance des marchés.

Voici les Etats déjà remportés par les deux candidats à la présidentielle américaine :

Entre parenthèses figure le nombre de grands électeurs par Etat. Pour l'emporter, un candidat doit en engranger 270.

Donald TRUMP (119)

  • Alabama (9)
  • Arkansas (6)
  • Caroline du Sud (9)
  • Dakota du Nord (3)
  • Dakota du Sud (3)
  • Idaho (4)
  • Indiana (11)
  • Kansas (6)
  • Kentucky (8)
  • Louisiane (8)
  • Mississippi (6)
  • Missouri (10)
  • Nebraska (4 et potentiellement jusqu'à 5)
  • Oklahoma (7)
  • Tennessee (11)
  • Utah (6)
  • Virginie occidentale (5)
  • Wyoming (3)

Joe BIDEN (209)

  • Californie (55)
  • Colorado (9)
  • Connecticut (7)
  • Delaware (3)
  • Illinois (20)
  • Maryland (10)
  • Massachusetts (11)
  • New Hampshire (4)
  • New Jersey (14)
  • New York (29)
  • Nouveau-Mexique (5)
  • Oregon (7)
  • Rhode Island (4)
  • Vermont (3)
  • Virginie (13)
  • Washington DC (3)
  • Etat de Washington (12)