George W. Bush et Al Gore sont au coude à coude. Tout dépendra d'une poignée de voix en Floride. Verdict cette nuit

WASHINGTON Le suspense reste à son comble mardi midi aux Etats-Unis près de douze heures après la fermeture des premiers bureaux de vote. Et il pourrait même se poursuivre jusqu'à demain jeudi!

Donné vainqueur de l'élection présidentielle en début de matinée - heure belge -, le républicain George W. Bush se voyait ensuite rattrapé, puis ensuite dépassé par le vice-président démocrate Al Gore tant en nombre de suffrages populaires qu'en nombre de grands électeurs - 260 pour le vice-président contre 246 au gouverneur du Texas). Or, pour être élu, un candidat doit obtenir au moins 270 grands électeurs.

L'issue du scrutin dépendra en fait de l'Etat de Floride (25 grands électeurs), où George W. Bush et Al Gore n'étaient plus séparés que par 200 malheureuses voix. Un écart à ce point ténu que les voix seront recomptées. Un nouveau décompte des voix en Floride sera effectué mercredi après-midi (heure locale, soit dans la soirée, heure belge), a annoncé le procureur général de Floride, Bob Butterworth, précisant qu'il serait achevé `le plus rapidement possible ´. Voilà 4 ans, le recomptage des voix avait pris 10 jours. Le verdict de cette opération pourrait cette fois être connu à partir de 23 heures, heure belge.

La nuit électorale aura donc été jalonnée de multiples rebondissements, les deux candidats s'offrant un chassé croisé digne d'un scénario de la meilleure veine d'Hollywood. Donné vainqueur à 8h20 - heure belge - par les principales chaînes de télévision américaines, George W. Bush vouiat petit à petit son avance s'effilocher.

Après dépouillement de 96% des bureaux de vote, le vice-président obtenait 47,368 millions de voix (49%) contre 47,266 millions à M. Bush (48%). Le candidat des Verts Ralph Nader était crédité de 3% des voix.

Et les mêmes télévisions qui avaient annoncé la victoire du gouverneur du Texas à l'arraché sont revenues sur leur annonce. Al Gore a fait de même.

Après avoir dans un premier temps félicité le vainqueur supposé, le vice-président Al Gore a retéléphoné à George W. Bush pour lui dire qu'il ne lui concéderait pas la victoire tant que ne seraient pas recomptés les votes en Floride, selon CNN.

Al Gore, 52 ans, considère que les résultats en Floride sont trop serrés pour proclamer un vainqueur dans cet Etat, et donc aux Etats-Unis, a déclaré son directeur de campagne, William Daley. `Cette course est simplement trop serrée´ et l'annonce de la victoire de M. Bush était `prématurée´, a-t-il indiqué à l'adresse de la foule des partisans d'Al Gore qui patientaient à Nashville (Tennessee).

Le responsable du scrutin en Floride, Ed Kast, a indiqué que la loi électorale de Floride obligeait à un nouveau décompte, quand les deux candidats sont séparés par moins de 0,5% des suffrages.

En dépit de cette confusion sans précédent dans une élection présidentielle américaine, le camp républicain s'est cependant dit confiant dans la victoire de George W. Bush, 54 ans. `Ils sont encore en train de compter, mais nous pensons que nous l'emporterons´, a affirmé depuis Austin (Texas) le directeur de la campagne du candidat républicain, Don Evans, devant les partisans de George W. Bush qui attendaient depuis des heures sous une pluie battante.

Le gouverneur du Texas avait été déclaré vainqueur au terme d'un long suspense, à partir de résultats partiels de la Floride, où son frère cadet Jeb Bush est gouverneur. En remportant la Floride, le gouverneur du Texas engrangeait les 25 grands électeurs nécessaires pour dépasser la majorité des 270 grands électeurs requise pour gagner la Maison Blanche.

Le début de la nuit avait déjà été riche en surprises, puisque dans un premier temps les télévisions avaient annoncé la victoire d'Al Gore en Floride, avant de se rétracter. Jamais dans l'histoire, aucune élection présidentielle n'aura été si imprévisible.

Et il faut remonter à 1916 pour trouver un scrutin aussi serré: à l'époque, le démocrate Woodrow Wilson l'avait emporté de 23 grands électeurs face au républicain Charles Evan Hugues.

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