Le président François Hollande a estimé vendredi que l'attribution du prix Nobel de la paix à l'organisation chargée de la destruction des armes chimiques en Syrie était une "consécration" pour l'action de la France.

"Le prix Nobel vient donner une consécration à tout ce que la France, pas seulement la France, a engagé depuis plusieurs semaines pour dénoncer l'utilisation des armes chimiques et les éliminer dans un proche avenir", a déclaré le chef de l'Etat à des journalistes, lors d'une visite dans la banlieue de Paris.

"Chacun a compris le message du jury qui a attribué le prix Nobel à l'organisation qui a pour mission de détruire les armes chimiques", a-t-il ajouté, estimant que ce message s'adressait "à tout ce qui est prolifération, pas simplement chimique mais aussi nucléaire".

Le comité Nobel norvégien a décerné à la méconnue Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) le prix Nobel pour la paix 2013. Cette récompense intervient alors que les experts de l'OIAC sont à pied d'oeuvre sur le terrain en Syrie depuis le 1er octobre. En combinaisons spéciales avec casques et gilets pare-balles, ils assurent le démantèlement d'un arsenal qui serait composé de plus de 1.000 tonnes d'armes chimiques, dont 300 tonnes de gaz sarin.

Début septembre, Américains, Français et Britanniques avaient été tout près d'intervenir militairement en Syrie après une attaque chimique le 21 août près de Damas qu'ils ont attribuée au régime de Damas et qui a fait près de 1.500 morts. Mais la reculade de Londres puis de Washington a laissé Paris seul en première ligne.

Dans la foulée, Moscou est revenu dans le jeu diplomatique, a repoussé l'idée d'une intervention et convaincu Damas d'accepter le démantèlement de son arsenal chimique. Les Occidentaux se sont ralliés in fine à l'initiative russe.

L'OIAC peu médiatisée

Méconnue du grand public, l'OIAC, qui a son siège à La Haye, a été fondée en 1997 pour mettre en oeuvre la convention sur l'interdiction des armes chimiques signée le 13 janvier 1993. Son travail est sous les feux de l'actualité depuis qu'elle a été chargée par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, le 28 septembre, de superviser le démantèlement d'ici au 30 juin 2014 de l'imposant arsenal chimique du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Armes de destruction massive frappant aveuglément militaires et civils, les armes chimiques ont montré leurs effets dévastateurs cette année en Syrie. Les experts de l'Onu disent avoir trouvé des "preuves flagrantes et convaincantes" de l'utilisation de gaz sarin le 21 août en périphérie de Damas. L'attaque a fait au moins 1.429 morts, dont 426 enfants, selon les Etats-Unis, même si les bilans divergent. L'opposition syrienne et l'Occident ont accusé Damas, qui a démenti mais qui, sous pression de la Russie, a accepté de détruire son arsenal chimique.

Dans des conditions périlleuses, les experts de l'OIAC sont déjà à pied d'oeuvre sur le terrain en Syrie depuis le 1er octobre. En combinaisons spéciales avec casques et gilets pare-balles, ils vont devoir s'assurer du démantèlement d'un arsenal qui serait composé de plus de 1.000 tonnes d'armes chimiques, dont 300 tonnes de gaz sarin.