Le jury du Pulitzer a rendu hommage à celle qui était sortie, ce jour-là, faire une course et s'est retrouvée par hasard face à la scène, pour avoir "courageusement enregistré le meurtre de George Floyd, une vidéo qui a engendré des manifestations contre les brutalités policières dans le monde entier".

Cela "souligne le rôle crucial des citoyens dans la quête de vérité et de justice des journalistes", a poursuivi le jury.

"Je ne connaissais pas cet homme (...), mais je savais que sa vie comptait", avait écrit Darnella Frazier sur sa page Facebook à l'occasion du premier anniversaire de la mort de George Floyd, le 25 mai.

"Ça m'a changé", a-t-elle poursuivi. "Ça a changé ma vision de la vie. Ça m'a fait réaliser à quel point il est dangereux d'être noir aux Etats-Unis."

Dans la catégorie "dernière minute" (breaking news), c'est la rédaction du Minneapolis Star Tribune, quotidien local de la ville où George Floyd a été assassiné le 25 mai, qui l'a emporté pour sa couverture "urgente, de référence et nuancée".

L'agence Reuters a été co-sacrée dans la catégorie journalisme explicatif pour un projet multimédia baptisé "Shielded" qui montre comment une jurisprudence vieille d'un demi-siècle protège les policiers américains de poursuites ou de condamnation dans de nombreuses bavures.

En matière de journalisme local, deux journalistes du Tampa Bay Times ont été récompensés pour une série d'articles sur les pratiques du shérif du comté de Pasco, en Floride, qui a abusé de son pouvoir en harcelant des personnes susceptibles, selon lui, d'enfreindre la loi.

Autre sujet majeur de 2020, la pandémie de coronavirus a valu des prix Pulitzer au New York Times, dans la catégorie service public, et au journaliste du magazine The Atlantic, Ed Young, pour le journalisme explicatif.

Fait notable, la campagne présidentielle, l'élection, la transition et les événements du 6 janvier ne figurent pas parmi les sujets récompensés.