Le procès du producteur de cinéma Harvey Weinstein, accusé de multiples agressions sexuelles, s'est ouvert lundi dernier à Manhattan et devrait durer environ entre 6 et 8 semaines.

Mais beaucoup se demandent déjà s'il pourra bénéficier d'un procès équitable. En effet, alors que les deux premières semaines sont notamment consacrées à la désignation des jurés, 43 des 120 jurés potentiels (qui seront désignés par les avocats des deux parties) ont reconnu, d'après Variety, qu'ils pourront difficilement être impartiaux lors des délibérations. 

Pour que le procès se tienne, il faut que 12 jurés et 6 remplaçants s'engagent à respecter la présomption d'innoncence.

Rappel des faits

Depuis les premières révélations du New York Times début octobre 2017, plus de 80 femmes, dont des célébrités comme Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie ou Léa Seydoux, ont accusé l'ex-magnat hollywoodien, un faiseur d'Oscars longtemps vénéré, de les avoir harcelées ou agressées sexuellement.

Mais le procès ne concerne directement que deux d'entre elles, témoin de la difficulté à construire un dossier pénal sans preuve matérielle et sans témoin, autour de faits remontant souvent à plusieurs années.

L'ancienne assistante de production Mimi Haleyi affirme qu'Harvey Weinstein l'a agressée sexuellement dans son appartement new-yorkais en juillet 2006.

La seconde victime présumée, demeurée anonyme, l'accuse d'un viol en mars 2013 dans une chambre d'hôtel new-yorkaise.

L'acte d'accusation inclut une troisième femme, l'actrice Annabella Sciorra, qui affirme avoir été violée par M. Weinstein en 1993.

Les faits la concernant sont prescrits, mais doivent permettre à l'accusation d'étayer le chef d'inculpation de comportement sexuel "prédateur", qui fait risquer la perpétuité au producteur de 67 ans.