Au moment de prendre ses fonctions, en avril dernier, la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche avait juré de ne "jamais mentir". Quitte à en révéler trop?

Ce vendredi, au cours d'une conférence de presse, Kayleigh McEnany a eu le privilège d'annoncer le nom de l'organisation qui allait bénéficier du chèque trimestriel de 100.000 dollars versé par Donald Trump. Pour rappel, le président américain a choisi de renoncer à son salaire de 400.000 dollars annuels et d'en faire don à différents bénéficiaires de son choix. Mais la jeune femme ne s'est pas contentée de révéler que le chèque irait au département de la Santé et des services sociaux pour les "aider à combattre le coronavirus". Joignant l'acte à la parole, elle a exhibé le fameux chèque... rendant ainsi publiques diverses informations confidentielles liées au compte en banque de Donald Trump. Notamment son numéro de compte privé ainsi que ses numéros de routage, qui identifient l'institution bancaire émettrice du chèque.


Y a-t-il un risque de piratage?

Comme l'explique le New York Times, "dans le cas d'un citoyen lambda, ces informations pourraient être utilisées pour retirer ou déposer de l'argent, effectuer des achats en ligne ou pirater un compte." "Il est très important que les citoyens américains comprennent que ce n'est pas un exemple à suivre", a souligné Eva Velasquez, présidente de l'Identity Theft Resource Center, une organisation américaine qui aide les personnes victimes de vol d'identité.

Toutefois, en tant que président des Etats-Unis, le compte bancaire de Donald Trump bénéficie de protections que les autres n'ont pas. Il n'y a donc pas de risques qu'il se fasse siphonner sa fortune. Par prudence, il est malgré tout conseillé de ne jamais révéler ces numéros, raison pour laquelle, dans la plupart des cas, c'est un chèque factice qui est montré à la télévision, dans les jeux notamment. 

Une erreur de Kayleigh McEnany?

Pourquoi Kayleigh McEnany a-t-elle pris le risque de montrer le vrai chèque? Selon l'administration américaine, elle ne serait pas la seule porte-parole à avoir procédé de la sorte. "Nous n'utilisons jamais de chèques factices dans nos briefings", a précisé une source au New York Times. La "maladresse" de Kayleigh McEnany n'en serait donc pas vraiment une.

Invitée à réagir, la Maison Blanche s'est contentée de regretter que "les médias ne s'intéressent pas au destinataire du chèque, mais seulement au fait de savoir si le chèque est réel ou non". Précisons que, par le passé, ce chèque de 100.000 dollars a été remis à diverses organisations comme la Small Business Administration qui aide les entrepreneurs, l'Office of the Surgeon General qui lutte contre la prise d'opioïdes et l'Institut national pour l'abus d'alcool et l'alcoolisme.