Deux Finlandais, un Allemand et un Français sont sortis des griffes
des islamistes philippins

JOLOLe calvaire a cette fois pris fin pour les Occidentaux enlevés le jour de Pâques, il y a plus de quatre mois, en Malaisie par les séparatistes musulmans philippins d’Abu Sayyaf.
Le Français Stéphane Loisy, l’Allemand Marc Wallert et leurs deux compagnons de détention finlandais – Seppo Juhani Franti et Risto Vahanen – ont à leur tour quitté samedi “l’enfer” de l’île de Jolo pour retrouver la liberté.
“Nous n’étions pas sûrs d’être libérés aujourd’hui”, a déclaré Stéphane Loisy, le compagnon de Sonia Wendling, libérée il y a deux semaines. “Nous avons entendu des coups de feu là où nous étions. Et soudain on nous a emmenés en voiture et nous avons effectivement été libérés”. “On a cru que ça se terminerait mal”, a-t-il confié par la suite.
La libération des quatre Occidentaux samedi a en effet été mouvementée. Les deux émissaires venus organiser cette libération attendue sont tombés dans une embuscade tendue par une faction rebelle rivale, alors qu’ils étaient escortés vers le camp par des chefs d’Abu Sayyaf. L’un des gardes du corps des intermédiaires a été tué dans la fusillade et huit autres blessés ainsi que plusieurs civils. Mais quelques heures plus tard, le négociateur philippin Robert Aventajado annonçait la libération des quatre Européens.
“Cette journée aura vraiment été difficile, a-t-il ensuite reconnu. C’était comme passer dans le trou d’une aiguille. Mais au bout du compte nous avons réussi.” Les quatre hommes libérés, tous barbus et fatigués, devaient passer la nuit à Cebu, dans le centre des Philippines, avant de rallier Tripoli, escale déjà imposée à leurs compagnons libérés deux semaines plus tôt par l’intermédiaire de la Libye, qui aurait versé un million de dollars pour chacun d’eux.
Les quatre Européens étaient les derniers des 10 Occidentaux enlevés avec neuf Malaisiens et deux Philippins le 23 avril dans la station balnéaire de Sipadan, en Malaisie, avant d’être conduits sur l’île de Jolo. Après l’Allemande Wallert, libérée le 17 juillet, la Française Sonia Wendling, la Franco-Libanaise Marie Moarbes, l’Allemand Werner Wallert, les Sud-Africains Strydom et la journaliste française Maryse Burgot avaient été relâchés le 27 août.
Douze évangélistes philippins, qui étaient venus prier avec les otages, restent aussi aux mains des rebelles. Même constat pour l’Américain enlevé à la fin du mois d’août.
Le prétexte islamiste
L’otage finlandais Risto Vahanen a estimé samedi que les rebelles qui l’avaient retenu en otage pendant 140 jours dans la jungle philippine, étaient de véritables bandits qui se cachaient derrière l’islam.
“Mujib et Robot ne sont rien d’autre que des bandits”, a déclaré à la presse l’ingénieur, âgé de 47 ans et originaire d’Helsinki, faisant référence aux chefs des rebelles Galib Andang, alias “commandant Robot”, et Mujib Susukan.
“Je regrette vivement que l’islam soit utilisé à des fins telles que nous les avons constatées”, a ajouté M. Vahanen, peu après être monté à bord d’un hélicoptère militaire qui devait le conduire de Jolo vers la liberté.