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La synagogue attaquée est située à Har Nof, un quartier ultra-orthodoxe juif situé à Jérusalem-Ouest.

Quatre personnes ont été tués mardi dans l'attaque d'une synagogue à Jérusalem par deux Palestiniens, ensuite abattus par la police, dans l'attaque la plus meurtrière depuis plusieurs années dans la Ville sainte déjà en proie à des heurts quotidiens. 

Les quatre victimes de l'attentat sont des Israéliens, dont trois possèdent également la nationalité américaine et le quatrième britannique, a indiqué la police israélienne.

Tôt le matin, deux Palestiniens de Jérusalem-Est ont pénétré dans une synagogue du quartier ultra-orthodoxe de Har Nof, hachoirs et pistolets en main, tuant quatre personnes et en blessant huit autres. Cette attaque, la plus meurtrière des dernières années dans la Ville sainte, fait craindre que les violences secouant Jérusalem depuis des semaines ne dégénèrent en conflit religieux.

Cet attentat, mené "à la hache, au couteau et au pistolet" selon la police israélienne, a été salué par les deux principaux mouvements islamistes palestiniens, le Hamas et le Jihad islamique.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël allait réagir "avec une poigne de fer à ce meurtre de juifs". Cet attentat "est le résultat direct des incitations à la violence menées par le Hamas et Abou Mazen (Mahmoud Abbas)", le président palestinien, a-t-il dénoncé.

L'attaque perpétrée dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem a fait également neuf blessés, dont cinq se trouvaient dans un état critique selon les secours.

Elle intervient au surlendemain de ce que les Palestiniens ont dénoncé comme un "crime raciste", celui d'un chauffeur de bus palestinien retrouvé pendu dans son dépôt de Jérusalem-Ouest dimanche soir.

La police israélienne a conclu à un suicide, une version contestée par le médecin légiste qui a examiné le corps de Youssef Ramouni, un Palestinien de Jérusalem-Est de 32 ans, père de deux enfants et "heureux" selon sa famille qui a rejeté en bloc la thèse du suicide.

Depuis la découverte de son corps, la Ville sainte, entrée en juin dans un cycle de représailles sans fin, était encore un peu plus sous tension.

Début juillet, des extrémistes juifs avaient brûlé vif un adolescent palestinien de Jérusalem-Est, assurant agir par vengeance après le meurtre de trois Israéliens.

Depuis lors, la Ville sainte est entrée dans un engrenage de la violence, rythmé chaque nuit par des affrontements dans la partie palestinienne occupée et annexée par Israël entre jeunes jeteurs de pierres et policiers israéliens lourdement équipés.

L'escalade a franchi un nouveau palier il y a près d'un mois, lorsqu'un Palestinien a jeté sa voiture sur un arrêt du tramway. Depuis, deux autres attentats à la voiture bélier ont ensanglanté Jérusalem et la Cisjordanie occupée, puis une série d'attaques au couteau ont touché jusqu'à Tel-Aviv.

Aucun n'a été revendiqué, mais certains ont été menés par des membres du Jihad islamique ou du Hamas. Ces deux mouvements ont affirmé que l'attaque de la synagogue était une "réponse au meurtre du martyr Youssef Ramouni".

Alors que les tensions se sont multipliées ces dernières semaines autour du site très sensible de l'esplanade des Mosquées dans la Vieille ville de Jérusalem, les Palestiniens dénonçant comme des provocations les nombreuses visites d'extrémistes juifs sur ce lieu saint, le Hamas y a également vu "une réponse à la série de crimes de l'occupant (israélien) à (la mosquée d') Al-Aqsa".

Le Hamas "appelle à poursuivre les opérations", après avoir appelé dès lundi les Palestiniens "à exprimer partout leur colère". Le Jihad a salué l'attentat, "une réponse naturelle aux crimes de l'occupant".

Les deux assaillants, originaires de Jabel Moukabber, un quartier escarpé qui surplombe Jérusalem-Est, sont entrés au moment de la prière juive du matin mardi dans une synagogue du quartier ultra-orthodoxe de Har Nof, à Jérusalem-Ouest, considéré comme un bastion du Shass, un parti religieux.

Un témoin a indiqué à la radio que l'attaque avait provoqué la panique dans la synagogue: "J'ai entendu des coups de feu et un des fidèles est sorti du bâtiment et a crié +il y a un massacre+".

Le ministre de l'Economie Naftali Bennett, chef du Foyer juif, un parti religieux nationaliste a dénoncé la responsabilité du président palestinien. "Mahmoud Abbas par ces incitations à la violences a déclaré la guerre à Israël, et nous devons réagir en conséquence", a-t-il affirmé à la radio militaire.

Le ministre de la Sécurité intérieure Yitzhak Aharonovitch s'en est également pris aux dirigeants palestiniens sur les lieux de l'attentat, leur imputant une vague de "terrorisme populaire".

Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, en visite à Londres, a dénoncé comme un acte de "pure terreur" l'attaque contre la synagogue.