Depuis plusieurs jours maintenant, le nord-ouest des Etats-Unis et le sud-ouest du Canada sont ravagés par des centaines d’incendies qui n’ont pas l’air de vouloir faiblir. Ces départs de feux s’ajoutent à la vague de chaleur et l’extrême sécheresse auxquelles est confronté le pays. "Les conditions sèches et la chaleur extrême en Colombie-Britannique sont sans précédent", a souligné le ministre de la Sécurité publique Bill Blair, lors d'un point presse, anticipant un "été long et difficile". Et, comme si cela ne suffisait pas, des nuages "cracheurs de feu" enveniment encore la situation.

Que sont ces nuages?

Ces nuages, dont le nom scientifique est pyrocumulus, ne sont pas nouveaux. Ils se forment généralement au dessus d’une source de chaleur intense, comme des feux de forêt ou une éruption volcanique. Ils sont de couleur grisâtre ou brunâtre étant donné qu’ils sont composés de cendres et de fumée. On peut d’ailleurs en apercevoir sur une multitude de photos prises dernièrement au Canada.


Malheureusement, ils contribuent également à aggraver le combat des pompiers, comme cela avait été le cas lors des terribles incendies qu’a vécus l’Australie en 2019-2020. En effet, ces nuages peuvent se transformer en pyrocumulonimbus, qui vont alors provoquer une très fine pluie - pas suffisante pour éteindre les incendies -, des rafales de vent qui vont attiser les flammes mais surtout… des orages. Or, la foudre, en frappant des zones très sèches, provoque de nouveaux départs de feu. Une sorte de cercle vicieux qui rend le combat contre les flammes très compliqué.

Sur un tweet publié par un satellite météo de la National Oceanic and Atmospheric Administration, on peut voir plusieurs éclairs se former à l’intérieur d’un pyrocumulonimbus présent au dessus du Canada. Selon Neil Lareau, spécialiste de l'atmosphère à l'Université du Nevada-Reno, relayé par le Washington Post, ces nuages auraient atteint une hauteur inhabituelle observée "lors des événements les plus extrêmes". "J'ai regardé beaucoup d'événements pyroconvectifs associés aux incendies de forêt à travers des satellites, et je pense que cela pourrait être le plus extrême que j'aie jamais vu", a pour sa part tweeté Daniel Swain, climatologue à l'Université de Californie à Los Angeles.

Vont-ils devenir plus fréquents?

Ce type de nuage, surnommé "cracheur de feu" par la Nasa était jusqu’ici relativement rare, mais il risque de devenir de plus en plus fréquent à l’avenir. En effet, les épisodes de sécheresse s’annoncent de plus en plus durs à cause du réchauffement climatique, ce qui va contribuer à l’augmentation des incendies… et des nuages incontrôlables qui risquent de les multiplier.