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"C'est pas lui" : à Limay (Yvelines), les voisins et amis de Guy Joao, arrêté à Glasgow après avoir été pris par erreur pour Xavier Dupont de Ligonnès, n'ont jamais cru à l'hypothèse selon laquelle ce septuagénaire aurait été le fugitif le plus recherché de France.

"C'est impensable, un truc comme ça". Pour Mario Vieira, impossible que son "ami" Guy Joao, un retraité d'origine portugaise mariée à une Écossaise, ait été l'homme soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants en 2011 à Nantes.

Guy Joao "est né à Limay, on est amis depuis plus de 45 ans. Il travaillait avec moi à Renault Flins avant de prendre sa retraite il y a quatre ans", s'agaçait samedi M. Vieira, 75 ans, habitant dans une commune mitoyenne de Limay.

"Il fait 1,85 m, 90 kg, il est chauve. Son père était un légionnaire portugais, sa mère, Charlotte, venait de la Beauce. Ils sont enterrés ici !", s'étonnait le retraité, qui a appris l'arrestation via l'épouse de son ami, une Écossaise avec qui Guy Joao s'est marié voilà deux ans.

"J'ai eu sa femme ce matin, elle est abasourdie. Elle vient toujours le chercher à l'aéroport quand il revient. Elle a dû voir l'interpellation", raconte à l'AFP Mario Vieira, qui affirme par ailleurs que M. Joao s'était "fait piquer ses documents d'identité dans sa sacoche à (l'aéroport de Roissy) Charles-de-Gaulle en 2014".

"Pétard mouillé"

Même incrédulité chez Jacques, ami "depuis 20 ans" avec Guy Joao, présenté comme un homme d'origine portugaise, mais "de nationalité franco-britannique". C'est "quelqu'un de tout à fait banal", explique cet homme de 62 ans, qui précise avoir assisté à son mariage en Ecosse.

"Hier soir, quand on a vu ça à la télé, on est resté sur le cul. Je me suis dit : +Faut que j'aille voir les flics pour leur dire+" car "c'est pas lui, Dupont de Ligonnès". "On est en train de le bousiller", explique le sexagénaire, qui pronostiquait dès samedi matin un "pétard mouillé".

Dans une maison un peu en retrait, qui jouxte le jardin de Guy Joao, Nilda Thores, en robe de chambre, expliquait être encore "sous le choc". "J'habite là depuis 20 ans et je l'ai toujours connu" : "il nous gardait la maison, il venait, il allait. En tout cas, c'est pas lui", raconte-t-elle.

Comme un autre voisin trentenaire, qui souhaite rester anonyme, cette femme assure que Guy Joao ne "ressemble pas du tout" à Xavier Dupont de Ligonnès. Il est "très dégarni, le visage un peu rond", explique-t-elle. Dupont de Ligonnès, pour sa part, avait le visage allongé et des cheveux très bruns

Une erreur d'identité au coeur d'une terrible méprise ? "Ça surprend cette histoire, surtout dans un petit bled comme Limay", témoigne une autre riveraine, qui raconte que Guy Joao "avait toujours du monde chez lui". "Etonnant" pour quelqu'un censé se cacher, insiste-t-elle.

Samedi midi, des sources concordantes ont mis fin à cette incrédulité en levant une fois pour toutes les doutes : selon les résultats d'un test ADN, Guy Joao, arrêté parce que ses empreintes digitales correspondaient à celles de Xavier Dupont de Ligonnès, n'a en réalité rien à voir avec lui.