Son geste à la télévision était fort et a ému de nombreuses personnes aux quatre coins de l'Europe. Mais il pourrait lui coûter cher. En manifestant publiquement son opposition à l'invasion russe en Ukraine sur une chaîne de télévision russe, Marina Ovsyannikova risque une peine de 15 ans de prison ferme.


Mais qui est cette femme, désormais soutenue par de nombreuses personnes? Portrait.

Née d'un papa ukrainien et d'une maman russe, cette citoyenne de nationalité russe réside à Moscou. Elle travaille en tant que productrice pour Channel One, une chaîne de l'État russe.

Comme elle l'atteste sur sa page Facebook, elle a étudié à l'Université d'Etat de Kouban, dans la ville de Krasnodar. Elle a ensuite poursuivi son cursus à l'Académie russe de la fonction publique et de l’économie nationale. Il s'agit en quelque sorte d'une université de Sciences économiques et humaines qui relève du Kremlin.

Mère de deux enfants, elle travaille en télévision mais elle a connu une carrière dans le monde sportif. Elle a débuté la natation à l'âge de six ans et elle la pratiquée jusqu'après son passage à l'université, participant à de nombreuses compétitions.

"J'ai honte"

Aujourd'hui, Marina Ovsyannikova se considère sur Instagram comme une "femme heureuse". Mais depuis 19 jours, la Russie a déclaré la guerre à l'Ukraine et la donne est différente.

C'est pourquoi elle avait prémédité ce geste. Dans une vidéo publiée avant cette action, elle s'expliquait: "Ce qui se passe en Ukraine est un crime, et la Russie est l’agresseur. La responsabilité de cette agression incombe à un seul homme : Vladimir Poutine".

Avant de poursuivre: "Mon père est ukrainien, ma mère est russe. Ils n'ont jamais été ennemis. Le collier que je porte est le symbole de la nécessité pour la Russie d'arrêter immédiatement cette guerre fratricide. Notre peuple fraternel peut encore faire la paix" clame-t-elle, elle qui arbore un collier ukrainien autour de son cou.

Si la journaliste et productrice ne regrette pas son geste, elle regrette d'avoir aidé le Kremlin à relayer sa propagande. "Malheureusement, ces dernières années, je travaille pour Channel One. J’ai relayé la propagande du Kremlin et j’en ai vraiment honte : honte d’avoir laissé raconter des mensonges sur les écrans de télévision. Honte d’avoir permis la 'zombification' du peuple russe. Allez manifester. N’ayez peur de rien. Ils ne peuvent pas tous nous emprisonner", argumente-t-elle encore.

Sur les réseaux sociaux, elle a reçu énormément de messages de soutien. Mais d'après l'ONG OVD-Info, la journaliste et productrice a été arrêtée et emmenée au commissariat de police. Elle est accusée d'avoir discrédité les forces armées russes et risque des peines pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison pour avoir diffusé de "fausses informations sur la guerre", comme le prévoit une loi votée récemment par les autorités russes.