Africain? Italien? A qui la fumée blanche?

ROME Qui pour succéder à Benoît XVI ? À peine l’annonce surprise était-elle tombée que les premières rumeurs commençaient à circuler sur le nom de son successeur qui devrait être désigné à la fin du mois de mars après un processus toujours aussi complexe.

Deux écoles s’affrontent déjà. La première voudrait que le Vatican s’ouvre sur un autre continent que l’Europe. Une vision qui viserait à mettre en avant les continents émergents dont est issue désormais la majorité des catholiques. L’Afrique ou l’Amérique latine disposerait alors d’une belle carte. Une piste déjà été soulevée lors du décès de Jean-Paul II. Les cardinaux africains, très présents à Rome, présentent l’avantage d’être dans la ligne du Vatican. Le cardinal nigérian Francis Arinze, déjà cité pour succéder à Jean-Paul II, apparaît comme un favori. Le cardinal ghanéen Peter Turkson Appiah (64 ans – autre avantage) est aussi cité. Mais, dans le même temps, l’église africaine est vue avec beaucoup de méfiance et de soupçons au Vatican qui la juge carrément dangereuse en matière de vie personnelle et de mœurs sexuelles.

Reste alors la piste latino-américaine. Le problème, ici, c’est la véritable guerre que se livrent trop souvent les cardinaux venus de cette région du monde. Ils paraissent donc incapables de s’entendre entre eux sur le nom d’un candidat, ce qui est pourtant la condition sine qua non pour décrocher le pontificat. Un Nord-Américain pourrait alors tirer son épingle du jeu, comme le cardinal canadien Marc Ouellet qui, à 68 ans, affiche un âge bien en deçà de la moyenne des cardinaux.

Pour beaucoup, l’ombre de Benoît XVI pèsera sur le conclave. Pour ces analystes, il faut donc chercher un candidat qui défend la ligne théologique actuelle du Vatican. Dans ce contexte, le nom du cardinal Angelo Scola, récemment nommé archevêque de Milan par Benoît XVI est souvent cité.

Autre élément qui pourrait être pris en compte : l’âge du futur pape. Personne n’a oublié la longue agonie de Jean-Paul II. Benoît XVI, le premier, avait été marqué par ce long calvaire. L’idéal serait alors de désigner un jeune candidat. Le cardinal Peter Erdo, archevêque de Budapest, n’a que 60 ans. Autre avantage, il maîtrise parfaitement plusieurs langues.

Reste un choix, éminemment politique, du candidat de consensus. André Vingt-Trois, le cardinal français est alors cité en bonne position. Le président des évêques de France qui déclarait récemment qu’il ne voyait pas “comment le successeur de Benoît XVI pourrait être un Français”, aurait pourtant ses chances.


© La Dernière Heure 2013