"On est dans une situation préoccupante et critique et, très clairement, des mesures du type de celles auxquelles on a eu recours dans les autres parties du territoire sont sur la table ce soir", a-t-il ajouté, en référence aux confinements mis en place le week-end dans les agglomérations de Nice, Dunkerque et le Pas-de-Calais.

"Incontestablement, on est sur un point d'équilibre extrêmement précaire", a insisté M. Castex, tout en relevant que la "décision" d'un reconfinement n'était pas encore formellement prise.

Un Conseil de défense est convoqué mercredi à l'Elysée et pourrait acter de nouvelles mesures pour l'Ile-de-France où les services de réanimation sont saturés et où le taux d'incidence a de nouveau grimpé à 418 nouveaux cas de contamination pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours dans la région, bien au-dessus du seuil dit d'"alerte maximale" des autorités sanitaires (250).

M. Castex a par ailleurs annoncé qu'il se ferait vacciner "très rapidement" si la suspension d'AstraZeneca était levée, qualifiant ce vaccin d'"utile, même et surtout pour les formes graves de la maladie", en dépit des inquiétudes sur de possibles effets secondaires.

"Jusqu'à présent, je m'étais fixé une ligne de conduite, c'est-à-dire me faire vacciner quand mon tour viendra, pas de passe-droit", a déclaré M. Castex, âgé de 55 ans et qui ne déclare "pas de co-morbidité connue".

"Mais compte tenu de ce qui vient de se passer pour AstraZeneca", qui a vu son vaccin suspendu dans une bonne partie de l'Europe, "je me suis dit effectivement qu'il serait judicieux que je me fasse vacciner très rapidement (...) pour montrer à mes concitoyens que la vaccination, c'est la porte de sortie de cette crise et qu'on peut y aller en toute sécurité", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur l'avis que doit rendre jeudi l'Agence européenne des médicaments (EMA) au sujet du vaccin AstraZeneca, le Premier ministre a dit avoir la "conviction" qu'il "sera positif". Après avoir injecté en France 1,3 million de doses d'AstraZeneca, "je pense donc que les deuxièmes doses pourraient être administrées et que nous pourrons retrouver une pleine confiance dans ce vaccin", a-t-il plaidé.

Il a par ailleurs fustigé le retard de livraison de certains vaccins, jugé "profondément anormal", et considéré qu'il fallait "que l'Europe montre les crocs".

"Qu'on dise à ces laboratoires: +Vous devez respecter les engagement contractuels+", a exhorté le Premier ministre qui a toutefois affirmé que, si le vaccin AstraZeneca était à nouveau autorisé en France, l'objectif de 10 millions de vaccinés au 15 avril était "atteignable".

Pressé de de donner des horizons pour la réouverture des lieux fermés, M. Castex a répondu qu'il n'était "pas raisonnable" de donner de "date précise", notamment pour les restaurants et lieux culturels. "Mais réouverture il y aura car la vaccination va produire ses effets", a-t-il martelé.