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Les Belges invitésà ne pas aller skier...

BRUXELLES La petite phrase, déclarée à chaud, lui restera collée à la peau. Interrogé sur l'arrivée de l'extrême droite au gouvernement de Vienne en février 2000, Louis Michel avait tout de go déconseillé aux Belges de se rendre en vacances en Autriche pour skier. Sur le fond, il ne regrette rien. Sur la forme, il pèserait un peu plus ses mots.

Reste que Louis Michel s'est longtemps démené comme un beau diable pour stigmatiser l'exception autrichienne. C'est, notamment, sous son impulsion que les Quatorze partenaires européens de Vienne adoptèrent des sanctions à l'égard de l'Autriche, stigmatisant la décision du chancelier conservateur Wolfgang Schüssel d'ouvrir les portes de son gouvernement au FPOe de Jörg Haider, connu pour ses déclarations en faveur du régime nazi.

La levée de boucliers contre l'Autriche fut, dans un premier temps, totale. Bien vite, toutefois, le front européen anti-Haider va s'effriter. Les sanctions seront finalement levées à l'automne 2001 à la faveur d'un simple communiqué.

Un combat pour rien?

Entre temps, l'Europe a adopté des mesures destinées à éviter qu'un nouveau couac de cette nature se renouvelle.

Reste que le parti de Jörg Haider est resté au gouvernement durant toute la législature et que l'Autriche ne s'en est pas trop mal accommodée. Et si Wolfgang Schüssel avait provoqué un tollé international en devenant le premier dirigeant européen à accepter de gouverner avec un parti d'extrême droite, il avait également assuré que cette mesure permettrait de museler le FPOe. En novembre dernier, le parti d'Haider s'effondrait, passant de 27% des suffrages en 1999 à 10%. Pari gagné. pour Schüssel. Ce qui n'a pas empêché la coalition sortante d'être reconduite. Cette fois dans l'indifférence générale.

© La Dernière Heure 2003