Une sexologue blonde de 55 ans s’est installée à la mairie de Sao Paulo, la plus grande ville de l’Amérique du Sud

SAO PAULO Les femmes commencent à s’installer confortablement dans le milieu politique sud-américain. L’exemple le plus frappant avait été donné, au milieu des années 90, par Irene Saez, ex-miss univers vénézuélienne, qui s’est installée à la mairie de Chamaco, dans la banlieue aisée de la capitale Caracas.
La jeune blonde avait défrayé la chronique en n’hésitant pas à se présenter au scrutin présidentiel. Pendant longtemps, la candidate indépendante avait même caracolé en tête des intentions de vote. Les partis traditionnels du Venezuela ayant tous été discrédités par des années d’attentisme et de corruption. Mais à quelques mois du but, l’ex-miss univers s’est retrouvée face à un adversaire inattendu, l’ancien putschiste Hugo Chavez, reconverti en politicien populiste. L’homme a tout emporté sur son passage, tandis que l’ancienne reine de beauté tentait des alliances douteuses avec les partis traditionnels.
Un peu plus au sud, depuis le 1er janvier, c’est la mairie de Sao Paulo, la plus grande ville d’Amérique du sud et capitale économique du Brésil, qui est passé entre les mains d’une femme politique à la carte de visite étonnante.
En effet, Marta Suplicy, psychologue du Parti des Travailleurs (PT) et conseillère en éducation sexuelle, vient de remplacer M. Celso Pitta, condamné plusieurs fois pour corruption après avoir remporté un brillant succès électoral au nez et à la barbe de ces messieurs.
Confrontée aux graves problèmes de la corruption, de la violence, des inégalités sociales criantes et d’une circulation automobile au bord de l’asphyxie, Sao Paulo souffre des maux caractéristiques des grandes métropoles avec ses 18 millions d’habitants avec la banlieue.
“Nous allons essayer de récupérer les valeurs de la ville et la probité administrative”, a déclaré récemment l’élégante Marta Suplicy qui a promis de faire une “administration honnête”.
La mairie dont le budget est de 3,8 milliards de dollars est sous le contrôle du ministère public qui a commencé il y a deux ans à enquêter sur des cas de pots de vin dans les services publics. A ce jour 1.000 fonctionnaires ont été licenciés dans le cadre de cette enquête et 400 procès ouverts.

La ville de tous les maux

Dans le domaine de la violence et du crime, Sao Paulo a concentré en 2000 les scandales les plus retentissants. Le maire sortant, Celso Pitta, 56 ans, premier maire noir de cette mégapole, a été impliqué pour sa part dans plusieurs scandales d’enrichissement illicite et condamné à deux reprises en seconde instance. Les affaires doivent encore être jugées par des instances supérieures.
Cette ville, qui présente une façade moderne a l’horizon hérissé de gratte-ciel somptueux et où les industriels se déplacent en hélicoptère pour éviter les embouteillages des cinq millions de véhicules, a aussi la face obscure de la pauvreté et la violence. En 1999, on y a enregistré 6.000 assassinats et au cours des quatre dernières années on est passé de 55,6 homicides pour chaque groupe de 100.000 habitants à 66,8.
Avant de se lancer dans la politique en 1996, Marta Suplicy, épouse d’un sénateur qui aspire à la présidence du Brésil en 2002, était connue pour avoir animé, dans les années 1980, une émission de télévision dans laquelle elle donnait… des conseils sexuels.