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Le chef de la diplomatie belge a choisi à nouveau de se concentrer sur des cas concrets, en se montrant discret.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a remis à son homologue chinois une liste de 6 prisonniers tibétains dont il souhaite connaître la situation, a-t-il indiqué mercredi dans le cadre de la visite d'Etat du roi Philippe en Chine. Le ministre avait déjà pris cette initiative, sollicité par Amnesty International il y a quelques années. Avant le départ de la mission royale, des représentants de la communauté tibétaine en Belgique ont écrit au Palais pour demander que le sujet des prisonniers tibétains soit abordé lors des échanges officiels.

Il espère que d'autres collègues européens ou régionaux prennent des initiatives similaires afin de leur donner plus de poids.

"Nous n'avons pas de leçons à donner, nous vivons en paix et en démocratie depuis 70 ans et après deux guerres mondiales, mais nous devons exposer les valeurs que nous considérons universelles et voir comment il est possible concrètement de faire quelque chose. On progresse davantage en parlant directement avec ses collègues qu'en s'adressant tout le temps à son opinion publique, ce qui a bien souvent tendance à fermer des portes", a expliqué M. Reynders.

Des dossiers individuels de citoyens belges ont également été évoqués. La famille d'un galeriste belge, Maximin Berko, a ainsi lancé un appel à la délégation belge pour résoudre son cas.

A la suite d'une bourse d'art peu fructueuse à Shanghaï, le partenaire chinois de M. Berko lui a intenté un procès, l'accusant d'être à l'origine de cet échec, pour récupérer son argent. Depuis lors, le ressortissant belge ne peut plus quitter le pays et n'a plus de domicile.

Le ministre des Affaires étrangères n'a pas voulu s'étendre sur ces cas individuels. Ceux-ci sont suivis de près mais M. Reynders se garde de toute déclaration publique sous peine, souligne-t-il, d'aggraver encore la situation.

Autre sujet évoqué, moins attendu: le bien-être animal. La tenue le 22 juin du festival de Yulin dans le sud-est de la Chine a ému dans plusieurs coins du globe. Des chiens y sont maltraités avant que leur viande ne soit consommée.

Deux députés de la N-VA ont demandé à M. Reynders d'interroger l'ambassadeur de Chine à ce propos. M. Reynders a abordé le dossier directement avec les officiels chinois à Pékin. La Chine n'est pas unanime à ce propos, loin s'en faut, et les mentalités changent à ce sujet.

"Nous avons eu une discussion intéressante. Comment peut-on éviter un tel comportement qui est une spécificité locale? Le sujet fait aussi débat en Chine, comme en Europe où tout le monde ne partage pas l'engouement pour la corrida", a souligné M. Reynders.

Le ministre a également invité les parlementaires à s'adresser au ministre-président flamand, Geert Bourgeois, présent en Chine dans le cadre de la visite, et au ministre flamand en charge du bien-être animal, Ben Weyts. Les deux hommes sont tous deux membres de la N-VA.