"Nous utilisons une énorme quantité d'énergie: en termes d'électricité autant que 850.000 foyers et en gaz l'équivalent de 400.000 maisons", a détaillé à Times Radio Gareth Stace, directeur général de UK Steel, qui représente le secteur de la métallurgie.

Le secteur s'inquiète que la crise de l'énergie "ne se transforme en crise de l'acier" faute d'action du gouvernement, alors que des usines sont déjà forcées de faire des pauses dans leur production à cause des coûts énergétiques et pourraient être contraintes de le faire sur des périodes plus longues, d'après M. Stace.

"Dès que les prix de l'énergie s'envolent comme nous le voyons maintenant, cela nous frappe très très fort. Tous les bénéfices que nous aurions pu faire sont effacés, alors que l'industrie de l'acier au niveau mondial se porte plutôt bien en ce moment", a-t-il ajouté.

Le ministre britannique des Entreprises et de l'Energie Kwasi Kwarteng a rencontré vendredi des représentants du secteur pour trouver des mesures de soutien, mais les industriels appelaient lundi à accélérer.

"Nous avons besoin d'action immédiate", a affirmé à la BBC Dave Dalton, directeur général de British Glass, qui représente l'industrie du verre dans le pays, expliquant que la réunion de vendredi "était essentiellement une réunion d'introduction".

Le gouvernement pourrait "fournir une certaine quantité d'énergie à un prix compétitif pour nous permettre, sur le court terme, de surmonter cette crise", propose Gareth Stace, de UK Steel. Autre solution: alléger les prélèvements obligatoires qui grèvent, selon lui, les entreprises britanniques davantage que leurs concurrentes.

"Je ne peux encore rien promettre", avait indiqué M. Kwarteng dimanche, tout en soulignant la détermination du gouvernement à "résoudre ce problème". Le ministère des Entreprises et de l'Energie a indiqué lundi dans un communiqué que le dialogue se poursuivait. "Notre priorité est de garantir la maîtrise des coûts et des approvisionnements en énergie".

La flambée du gaz avait déjà mis à l'arrêt fin septembre le plus gros fournisseur de CO2 du pays, ce qui risquait de fragiliser sérieusement la sécurité alimentaire car ce gaz est crucial dans la chaîne du froid et l'abattage.

Le gouvernement avait alors mis plusieurs millions de livres sur la table pour venir à la rescousse de cette entreprise et redémarrer la production.

La crise de l'énergie fait aussi craindre pour les factures des Britanniques cet hiver alors que le plafond des prix vient d'augmenter de 12% et pourrait encore bondir de 30% d'ici l'an prochain, selon des économistes