Jean-François Copé a réagi aux propos de notre ancien Premier. Guy Verhofstadt en remet une couche

PARIS L'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, aujourd'hui chef du groupe libéral au Parlement européen, a réitéré ses attaques envers le président français Nicolas Sarkozy, accusé de vouloir flatter l'extrême droite, après la réaction courroucée mercredi matin de Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, dont est issu M. Sarkozy.

Dans un communiqué, M. Verhofstadt revient sur les propos qui l'avaient conduit mardi à s'interroger publiquement en séance plénière à Strasbourg qui de Nicolas Sarkozy ou de Marine Le Pen est le véritable candidat de l'extrême pour les prochaines élections présidentielles françaises.

"M. Sarkozy prétend vouloir réduire de moitié l'immigration en France, alors que les trois quart des immigrés qui arrivent sur le sol français le sont par mariage ou regroupement familial. Pour arriver à ce résultat, la France devrait dénoncer les conventions internationales qui la lient, et dont elle est d'ailleurs souvent à l'origine", souligne l'ancien Premier ministre belge.
"Accessoirement, la France devrait aussi quitter l'UE dont la législation en matière d'immigration repose précisément sur ces conventions et qu'aucun autre chef d'Etat que M. Sarkozy ne dénonce. Quitter l'UE? N'est-ce pas ce que veut l'extrême droite? ", interroge-t-il.

Quant aux critiques du président français sur les accords de Schengen qui aurait, selon lui, transformé les frontières européennes en "passoire", M. Verhofstadt juge qu'il s'agit là d'un problème à résoudre par un renforcement du dispositif des frontières externes de l'Union, "et certainement pas par une renationalisation de la politique migratoire".

"Signés par le président François Mitterrand en 1985, les accords de Schengen ont été mis en oeuvre par le gouvernement d'Edouard Balladur en 1994 et sont pleinement intégrés dans le Traité de Lisbonne négocié par... Nicolas Sarkozy en 2008. Veut-il vraiment dénoncer le Traité de Lisbonne? N'est-ce pas ce que veut l'extrême droite? ", pointe-t-il encore.

Rappelant les propos de M. Copé qui l'accusait mercredi matin de faire partie de l'extrême gauche au sein du Parlement européen, M. Verhofstadt tient à rappeler à son contempteur son affiliation au libéralisme, et son attachement aux libertés publiques.

"Qui veut limiter les libertés publiques? N'est-ce pas l'extrême droite? ", souligne encore l'ancien Premier ministre qui, dans la foulée, raille l'isolement, selon lui, de Nicolas Sarkozy au sein de la droite européenne.
M. Verhofstadt en veut pour preuve l'absence de représentants de la droite européenne, mardi, lors d'une émission de la radio publique française pour y défendre les positions du président français.

"Aucun député de la CDU (conservateurs allemands, ndlr), ni même du parti (hongrois) de Victor Orban, ni aucun autre membre des partis amis. Et pour une raison simple: la droite parlementaire européenne n'est pas à l'extrême droite", glisse encore le chef du groupe libéral.

© La Dernière Heure 2012