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Le ministre turc de l'Environnement, Erdogan Bayraktar, a annoncé mercredi sa démission et lancé un appel au Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, ébranlé par un scandale financier, à faire de même.

"Je démissionne de mon poste de ministre et de député," a déclaré M Bayraktar sur la chaîne d'information NTV, invitant M. Erdogan à présenter lui aussi sa démission.

M. Bayraktar a affirmé n'avoir "rien à se reprocher" dans l'enquête menée autour de projets de construction cités dans un vaste scandale financier et avoir agi "en toute connaissance du Premier ministre".

"De ce fait, je crois que le Premier ministre devrait aussi démissionner", a-t-il conclu.

M. Bayraktar est le troisième ministre turc à démissionner mercredi après ceux de l'Economie, Zafer Caglayan, et de l'Intérieur, Muammer Güler. Les fils de ces trois ex-ministres ont été arrêtés le 17 décembre dernier lors d'un vaste coup de filet anticorruption de la police avec de nombreuses autres personnalités proches du pouvoir turc.

Le fils de M. Bayraktar a été relâché après son interrogatoire par les juges, qui ont inculpé et placé en détention préventive samedi les fils des deux autres ministres démissionnaires pour malversation, fraude et corruption active notamment.


Corruption en Turquie: Le ministre de l'économie démissionne

Le ministre turc de l'Économie, Zafer Caglayan, dont le fils a été inculpé dans une vaste affaire de corruption qui secoue le gouvernement islamo-conservateur, a annoncé mercredi sa démission. "Je quitte mon poste de ministre de l'Économie pour que toute la lumière puisse être faite sur cette ignoble opération qui vise notre gouvernement", a souligné M. Caglayan dans un communiqué.

"L'opération lancée le 17 décembre est clairement un complot hideux contre notre gouvernement, notre parti et notre pays", affirme-t-il.

Vingt-quatre personnes, dont les fils des ministres de l'Économie et de l'Intérieur, ainsi que des hommes d'affaires et le PDG de la banque publique Halkbank ont été inculpées et placées en détention préventive lors du week-end pour leur implication supposée dans un scandale financier de grande ampleur. Le coup de filet opéré par la police le 17 décembre a ébranlé le prestige du gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, dont le parti est au pouvoir depuis 2007 et qui s'était érigé comme le héros de la lutte anti-corruption dans le pays.

M. Erdogan a dénoncé un "complot" émanant d'une puissante confrérie religieuse qui était jadis son alliée, visant à déstabiliser le gouvernement à l'approche d'élections municipales en mars et présidentielle, en juin.